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Brésil: l'ex-président Lula visé par une enquête pour trafic d'influence

l'ancien président brésilien Luis Inacio Lula Dasilva en conférence, le 22 juin 2015.

l'ancien président brésilien Luis Inacio Lula Dasilva en conférence, le 22 juin 2015. - Miguel Schincariol - AFP

L'ex-président brésilien Luis Inacio Lula Dasilva, en poste de 2003 à 2010, est visé depuis jeudi par une enquête pour trafic d'influence en lien avec le géant du BTP Odebrecht.

Le parquet fédéral de Brasilia a ouvert jeudi une enquête contre l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), accusé de trafic d'influence, après avoir quitté le pouvoir, en faveur d'une entreprise de travaux publics.

Selon la justice, Lula aurait usé de son influence internationale pour que Odebrecht, géant brésilien du BTP, remporte des contrats dans des pays d'Afrique et d'Amérique latine de 2011 à 2014. En mai, un reportage de l'hebdomadaire Época affirmait que plusieurs de ces juteux contrats étaient financés par la Banque publique de développement BNDES, où Lula serait intervenu pour faciliter l'accès au crédit.

"Vitrine publicitaire"

Odebrecht aurait financé des voyages de Lula au Venezuela, en République Dominicaine, à Cuba et au Ghana, où l'entreprise était en contrat selon Época. Gil Castello Branco, secrétaire général de l'ONG Contas abertas (Comptes transparents), qui milite pour une gestion transparente des finances publiques, a déclaré à l'AFP qu'"il est notoire que l'ex-président Lula fonctionnait comme une "vitrine publicitaire" d'Odebrecht, qu'il voyageait dans des avions d'Odebrecht".

Marcelo Odebrecht, président du géant du BTP, est en prison depuis le 19 juin, soupçonné de faire partie d'un réseau de corruption au sein du groupe public pétrolier Petrobras. L'enquête policière sur ce scandale a révélé l'an dernier l'existence d'un vaste réseau de versements de pots-de-vin ayant coûté plus de deux milliards de dollars (environ 1,83 milliard d'euros) à la compagnie.

Deux gouverneurs, 13 sénateurs et 22 députés impliqués

Selon l'enquête policière en cours, nommée "Lavage rapide", des entreprises se répartissaient de 2004 à 2014 les marchés de Petrobras en payant à tour de rôle des pots-de-vin à des directeurs de la compagnie en échange de contrats.

Une partie de ces commissions était reversée à des personnalités politiques, en majorité des députés ou sénateurs de la coalition de centre-gauche au pouvoir, et notamment à l'ex-trésorier du Parti des travailleurs (PT) de la présidente Dilma Rousseff et l'ex-président Lula. Le parquet brésilien enquête également sur deux gouverneurs, 13 sénateurs et 22 députés en poste.

Q.D. avec AFP