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Barack Obama à Cuba, une visite historique et millimétrée

La visite de Barack Obama se prépare, dans les rues de La Havane.

La visite de Barack Obama se prépare, dans les rues de La Havane. - Yamil Lage - AFP

La venue d’un président américain à Cuba était encore impensable, il y a quelques années. Pourtant, ce dimanche, l’avion Air Force One transportant Barack Obama se posera sur le tarmac de l’aéroport de La Havane. Une visite officielle de trois jours aux airs d’apogée, après le rapprochement diplomatique historique entre Washington et La Havane annoncé en décembre 2014.

L’image entrera dans l’histoire dès l’instant où elle sera capturée. Ce dimanche soir, Barack Obama foulera le tarmac de l’aéroport José Martí de La Havane. Une première depuis près de 90 ans pour un président américain en exercice. Sa visite, qui doit durer trois jours, avait été annoncée en février dernier, soit un peu plus d’un an après le rapprochement diplomatique historique entre Cuba et les Etats-Unis.

Au menu de la visite de Barack Obama figurent notamment des entretiens et un dîner avec Raul Castro, un discours, et…un match de baseball. Quant aux dissidents, le dossier sensible de cette visite, ils ont également trouvé place dans l’agenda présidentiel. Le détail du programme. 

Un programme minuté

Les trois jours de Barack Obama à La Havane, qui précèdent une visite en Argentine, seront intenses. Pour ce voyage, le président américain est accompagné de son épouse et de leurs deux filles. La mère de Michelle Obama, Marian Robinson, est également présente.

Dès son arrivée, ce dimanche en fin d’après-midi, le président américain se rendra à l’ambassade américaine, huit mois après sa réouverture. Il fera ensuite une première halte touristique, pour visiter le quartier de la Vieille Havane, et la cathédrale San Cristobal.

Ce n’est que lundi qu’il se rendra au Palais de la Révolution pour rencontrer le président cubain Raúl Castro, après avoir marqué une halte devant le monument du père de l’indépendance, José Martí. Après une réunion avec des entrepreneurs, Barack Obama et son épouse retourneront au Palais pour le dîner d’Etat.

Pour le dernier jour de sa visite, mardi, il prononcera un discours devant un millier de personnes depuis le Grand Théâtre de La Havane, discours au cours duquel il s’adressera au peuple cubain, en revenant notamment sur l’histoire entre les deux pays, mais aussi en évoquant leur avenir commun. Ce discours sera retransmis en direct par la télévision cubaine, a assuré jeudi soir le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Après cette intervention, Barack Obama participera à une table ronde avec des acteurs de la société civile, et notamment des militants des droits de l’homme.

Enfin, le président américain conclura sa visite par une activité moins formelle, en allant assister à un match de baseball -un sport très populaire sur l'île caribéenne- entre les Tampa Bay Rays de Floride et l’équipe nationale cubaine.

Les droits de l’Homme au premier plan

Début mars, Washington a fait savoir que Barack Obama choisirait lui-même les dissidents qu’il rencontrerait à La Havane, sans aucune interférence de la part du gouvernement cubain. Mais malgré la crainte de La Havane de le voir rencontrer des opposants particulièrement hostiles au régime, plusieurs figures de la dissidence sont conviées à la table ronde prévue mardi matin à l’ambassade américaine, en marge de la visite présidentielle.

Berta Soler, chef de file de l'organisation des Dames en Blanc, des épouses de prisonniers politiques, Manuel Cuesta Morua, qui avait déjà rencontré Barack Obama au Sommet des Amériques, et Jose Daniel Ferrer, leader de l'Union patriotique de Cuba (Unpacu), ont confirmé avoir été invités. Selon ce dernier, la célèbre blogueuse dissidente Yoani Sánchez et l’activiste Guillermo Fariñas, directeur de l’agence de presse indépendante Cubanacan Press, qui a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre la censure et la répression des opposants, sont également conviés. Mais pour l’heure, impossible de savoir qui répondra présent à l’invitation présidentielle.

Barack Obama a en tout cas assuré qu’il parlerait "très franchement" de la question des droits de l’homme lors de sa rencontre avec Raúl Castro, comme il l’a promis au mouvement des Dames en Blanc, dans une lettre envoyée le 10 mars.

Le gouvernement cubain a-t-il d’ores et déjà entendu le message? Il a en tout cas envoyé un signal encourageant, jeudi 17 mars, soit quatre jours avant l’arrivée de Barack Obama, en libérant quatre dissidents incarcérés et en autorisant leur départ vers les Etats-Unis.

Enfin, à l’inverse du pape François en septembre dernier, le président américain ne rencontrera pas Fidel Castro, qui symbolise le passé chaotique entre les deux pays et la répression des opposants politiques. Du côté des entrevues officielles, Barack Obama se limite donc à sa rencontre bilatérale avec l’homme de l’ouverture, Raul Castro, avec qui il a négocié le rapprochement.

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