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Prise d'otages au Kenya: qui sont les islamistes shebabs?

Des otages exfiltrés par des militaires kenyans, samedi 21 septembre 2013, à Nairobi, au Kenya.

Des otages exfiltrés par des militaires kenyans, samedi 21 septembre 2013, à Nairobi, au Kenya. - -

Les islamistes shebabs somaliens revendiquent la prise d'otages et le massacre de Nairobi, au Kenya, dans un centre commercial. Qui sont-ils, et quelles sont leurs motivations?

Quelques heures à peine après le début du massacre, ils ont dévoilé leur identité sur Twitter. Les dix à quinze hommes armés et masqués, qui maintiennent captifs des otages depuis près de deux jours, après avoir fait au moins 69 morts et 200 blessés, seraient des membres de la mouvance al-Shebab.

Les Shebabs -"jeunes" en arabe- sont des islamistes somaliens, soupçonnés d'entretenir des liens très forts avec al-Qaïda. Ces hommes, au nombre de 5.000 combattants, sont issus d'une insurrection contre les troupes éthiopiennes. Ces derniers avaient pénétré en Somalie en 2006 pour renverser l'Union des tribunaux islamiques, une alliance militante de la charia qui contrôlait alors Mogadiscio, la capitale de la Somalie.

Les Shebabs présentent l'attaque de Nairobi comme des représailles à l'intervention de l'armée kényane depuis deux ans en Somalie, aux côtés des trouves gouvernementales somaliennes, pour mettre à terre le groupe islamiste dans le sud du pays.

La "veuve blanche" impliquée dans le massacre?

Depuis ce week-end, des rumeurs courent que des étrangers occidentaux se trouveraient parmi les assaillants. La presse tabloïd britannique évoque lundi la participation d'une femme britannique, Samantha Lewthwaite, convertie à l'islam et membre des shebab. Cette jeune femme, surnommée "la veuve blanche", est l'épouse d'un kamikaze qui s'était fait exploser en 2005 lors des attentats de Londres.

Mais lundi matin, sur la BBC, un homme présenté comme un "commandant" des shebab a démenti toute participation étrangère à l'assaut. "Il y a des rumeurs selon lesquelles des attaquants américains, britanniques et d'autres nationalités sont impliqués. Je peux vous affirmer que rien de tout cela n'est vrai", a-t-il déclaré à la radio.

Concernant la possible implication de Samantha Lewthwaite, il s'est montré tout aussi péremptoire. "Nous ne demandons pas à nos soeurs de mener des attaques militaires de ce type. Ce sont simplement des rumeurs infondées".

Attentats en série en Somalie

Depuis qu'ils ont été chassés définitivement de Mogadiscio en août 2011 par la force de l'Union africaine, les Shebabs ont été contraints d'abandonner la totalité de leurs bastions du centre et du sud de la Somalie. Mais ils continuent de contrôler de vastes zones rurales, et l'attaque du centre commercial kenyan prouve que le groupe dispose toujours d'une force de frappe, avec pour objectif de rendre la Somalie ingouvernable.

Cette dernière attaque s'ajoute d'ailleurs à une longue liste de récents événements terroristes. Au début du mois, les shebab ont tendu une embuscade au convoi du président somalien Hassan Cheikh Mohamoud, qui en est sorti indemne. Quelques jours plus tard, ils ont revendiqué un double attentat dans la capitale, qui a fait 18 morts.

Par ailleurs, des luttes intestines et sanglantes surviennent régulièrement au sein même de leur mouvement, notamment entre les "nationalistes" somaliens et les tenants "du djihad mondial". Des luttes qui se soldent par l'exécution de certains chefs. Les experts craignent que ces rivalités, loin d'affaiblir le mouvement, le radicalisent et le rendent plus puissant.

Alexandra Gonzalez avec AFP