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Intervention en Centrafrique: exit Boali, voici Sangaris

Des soldats français dans les rues de Bangui, le 6 décembre

Des soldats français dans les rues de Bangui, le 6 décembre - -

Avec le vote de la résolution 2127 du Conseil de sécurité de l'ONU, l'armée française a obtenu son feu vert pour se déployer et intervenir en Centrafrique, afin d'y rétablir la sécurité. Mais comment cela marche-t-il?

Depuis 1979, l'armée française est intervenue quatre fois en Centrafrique. Voici la cinquième fois. Avant-hier, la mission Boali, qui consistait essentiellement à maintenir l'aéroport de Bangui (appelé M'Poko) ouvert, avec 250 soldats en temps normal, n'existe plus.

Boali était un arrangement bilatéral franco-centrafricain, et a pu être gonflé jusqu'à 550 hommes il y a quelques mois, puis redescendu à 400.

Maintenant l'Opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge endémique en Centrafrique) débute. Son socle: la résolution 2127 du Conseil de Sécurité, adopté à l'unamité, "the French resolution" dit-on puisque le conseil est piloté par la délégation française en ce mois de décembre!

La résolution ouvre la voie à une force de l'Union africaine, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) qui vient reprendre la Fomac (Force multilatérale d'Afrique centrale), cette brave petite force de 2.000 Africains qui tentent de réfréner les forces des redoutables Séléka, ou encore de leurs ennemis les anti-balaka (balaka désigne le clan du président du moment, Michel Djotodia).

Rapidité du déploiement

Donc voici que Sangaris arrive, et voici comment cela marche:

Le commandement de la force Sangaris a été confié au général Francisco Soriano, commandant les Forces françaises au Gabon (FFG) et l’opération Boali en Centrafrique.

Une compagnie parachutiste du 6e bataillon d’infanterie de Marine (6eBima) et trois hélicoptères Puma du détachement de l’Aviation légère de l’armée de Terre de Libreville sont arrivées dans la journée du 6 décembre à Bangui. Ces premiers renforts portent aujourd’hui à 800 l’effectif militaires français à Bangui. Celui-ci devrait atteindre 1.200 hommes dans les heures à venir. Le renforcement matériel se poursuit avec notamment, ce 6 décembre, le poser sur l’aéroport de M’Poko d’un avion de transport C17 britannique qui a acheminé principalement des véhicules blindés (VAB véhicules de l'avant blindés et VBL véhicules blindés légers). Merci les Anglais, les seuls Européens à s'intéresser à la Centrafrique pour l'instant!

La rapidité de cette mise en œuvre est rendue possible grâce à l’existence des forces prépositionnées en Afrique, telles que les forces françaises au Gabon (FFG), ainsi qu’au travail préparatoire qui a consisté à prépositionner des forces complémentaires au plus près dans la région. Sans oublier la projection sur la longueur depuis l'Hexagone.

Harold Hyman et spécialiste de géopolitique