BFMTV

Centrafrique: les enfants-soldats, l'autre aspect du conflit

Un enfant-soldat pose le 25 mars 2013 devant le palais présidentiel centrafricain, à Bangui.

Un enfant-soldat pose le 25 mars 2013 devant le palais présidentiel centrafricain, à Bangui. - -

L'Unicef vient en aide à ces enfants centrafricains, forcés de prendre les armes pour le compte de milices. Elle a réussi à en extraire plusieurs centaines jusqu'à présent, mais craint une montée du phénomène.

Certains n'ont même pas huit ans, mais sont déjà forcés de prendre les armes. En Centrafrique, le phénomène des enfants-soldats a pris plus d'ampleur depuis le coup d'Etat du président, en mars dernier. Ils sont malgré eux au coeur des soubresauts meurtriers qui agitent le pays.

Souleymane Diabaté, représentant de l'Unicef pour la Centrafrique, note que "le nombre d'enfants associés à des groupes armés a beaucoup augmenté ces derniers temps. On estime entre 5.000 et 6.000 le nombre d'enfants touchés par cette crise."

L'Unicef a sauvé et recueilli jusqu'à présent des centaines d'enfants, qui avaient encore les armes à la main il y a quelques mois. Ils tentent aujourd'hui de retrouver une vie normale en Centrafrique malgré la guerre, tandis que l'agence se charge de retrouver leurs familles, souvent dispersées dans le pays.

Sauvés par l'Unicef

Le jeune Centrafricain Patrick, enrôlé de force par la coalition de rebelles Séléka, reste prudent. "Nous remercions Dieu parce que nous allons pouvoir réintégrer notre communauté. Mais on ne sait ce qui nous attend, et quand on pourra être réinséré socialement..."

L'agence des Nations Unies pour l'enfance dénonce régulièrement l'enrôlement des enfants dans les rangs des groupes armés de ce pays dévasté par la guerre civile. En juillet dernier, l’Unicef s'inquiétait déjà de ce recrutement croissant d’enfants aussi bien par les groupes rebelles que par des milices pro-gouvernementales, et les estimait alors à 2.500.

Elle lance un appel urgent à la communauté internationale, car en plus de ces enfants, près de 5 millions de personnes se trouvent actuellement dans une situation critique dans le pays. La Centrafrique est plongée dans le chaos et dans un engrenage de violences inter-communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans, depuis le renversement en mars dernier du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

A. G. avec Benoît Lordelot