BFMTV

Réunie à Bruxelles, l'UE se penche sur la crise égyptienne

Des manifestants pro-Morsi, le 16 août.

Des manifestants pro-Morsi, le 16 août. - -

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE vont tenir une réunion de crise à Bruxelles, ce mercredi, entièrement consacrée à la situation en Egypte.

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne veulent marquer le coup. Lors d'une réunion extraordinaire à Bruxelles, ce mercredi, ils vont chercher à envoyer un message ferme mais aussi constructif aux acteurs de la crise égyptienne.

L'Egypte est le seul sujet au menu de cette réunion, prévue de 13 heures (11 heures GMT) à 16 heures, qui a été organisée à la hâte en pleine trêve estivale pour réagir aux violences ayant fait plusieurs centaines de morts depuis une semaine.

Plusieurs options

Les ministres se prononceront sur "une série d'options" que leur présentera la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, très active sur le dossier égyptien depuis la destitution du président Mohamed Morsi le 3 juillet.

Ils devraient ainsi débattre de l'opportunité de stopper ou suspendre une partie de l'aide financière que verse l'UE, ou de remettre en cause des accords dans le domaine de la défense et de la sécurité.

Mais il semble exclu que la réunion débouche sur l'annonce de sanctions, comme l'UE en impose à l'Iran ou à la Corée du Nord, selon des sources diplomatiques. "A ce stade, nous n'avons pas discuté de sanctions", a indiqué Bernardino Leon, le représentant spécial de l'UE pour le sud de la Méditerranée, à l'issue d'une réunion préparatoire lundi.

L’ambassadeur d’Egypte en France a mis en garde mercredi contre toute révision des accords entre l'UE et son pays : "[Nous ne pouvons] pas accepter que [nos] amis utilisent les moyens de coopération pour essayer de faire pression sur la volonté nationale du peuple égyptien."

"Message politique"

Certaines capitales souhaitent que l'UE signifie sa désapprobation de la répression en conditionnant le déboursement d'une partie de son aide au respect du rétablissement progressif de l'Etat de droit. Le chef de la diplomatie néerlandaise, Frans Timmermans, a ainsi préconisé d'appliquer le principe du "plus pour plus" (plus d'aide pour plus de démocratie).

A l'issue de leur réunion, les Européens vont surtout "envoyer un message politique à l'ensemble des parties égyptiennes", selon un diplomate.

Pour William Hague, le ministre britannique, "notre influence est peut-être limitée" mais "nous devons faire de notre mieux pour promouvoir les institutions démocratiques et le dialogue politique et garder foi dans la majorité des Égyptiens qui veulent simplement un pays stable et en paix".

Rôle de médiation

Les Européens cherchent ainsi à conserver un rôle de médiation entre l'armée et les Frères musulmans, en dépit d'un contexte rendu plus délicat par les critiques croissantes au Caire contre les Occidentaux et la presse étrangère.

Mais leur influence, comme celle des Américains, est de plus en plus contestée par les pays fortunés de la région, en particulier l'Arabie Saoudite, qui soutient sans faille le nouveau pouvoir. Son chef de la diplomatie, le prince Saoud al-Fayçal, a d'ailleurs prévenu que "la nation arabe et islamique, avec les ressources dont elle dispose, n'hésitera pas à apporter son aide à l'Egypte" si les Occidentaux réduisaient leur soutien.

Une des principales aides à l'Egypte

L'UE est traditionnellement l'un des principaux pourvoyeurs d'aide et le premier partenaire commercial de l'Egypte. En novembre 2012, elle a annoncé un vaste programme d'assistance de cinq milliards d'euros pour la période 2012-2014, destiné essentiellement à améliorer la vie quotidienne des Egyptiens. Plusieurs projets sont cependant gelés en raison de l'absence de progrès dans la démocratisation, selon une source européenne.

Sur le plan militaire, l'influence européenne est bien moindre, avec une aide annuelle de 140 millions d'euros, bien inférieure à celle des Etats-Unis.

A.S. avec AFP