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L'Egypte dans l'impasse après un week-end sanglant

Des partisans anti-Morsi

Des partisans anti-Morsi - -

Chaque camp maintient ses positions dimanche en Egypte et continue de se rejeter la faute des violents affrontements qui ont fait 72 morts ce week-end.

L'impasse politique semblait totale dimanche en Egypte. Le nouveau pouvoir maintient sa ligne de fermeté face aux partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, toujours mobilisés au lendemain de la mort de 72 personnes dans des affrontements avec la police.

Les violences politiques ont fait dimanche deux morts parmi les fidèles de Mohamed Morsi, un à Port-Saïd (nord-est) et un Kafr el-Zayat (nord), et une trentaine de blessés. Les forces de sécurité ont en outre annoncé avoir tué dix "terroristes" dans la péninsule du Sinaï, en proie à une rébellion larvée.

"Nous ne laisserons aucun mercenaire ni aucune personne animée par la rancune tenter de perturber l'atmosphère d'unité et nous les affronterons avec la plus grande force et la plus grande fermeté", a déclaré le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim.

"Tristesse, colère et détermination"

Le ministre, qui s'exprimait en présence du président par intérim Adly Mansour et du chef de l'armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, avait annoncé samedi la dispersion "très prochaine" des deux campements dressés au Caire par des milliers de partisans du président déchu, placé depuis en détention.

Les fidèles du chef de l'État destitué le 3 juillet ne montraient pas davantage de volonté de faire des concessions. "ll y a des sentiments de tristesse et de colère, mais aussi une énorme détermination" dans le camp des partisans du président destitué, a affirmé un porte-parole des Frères musulmans, Gehad el-Haddad. La confrèrie a dénoncé dimanche un "massacre inhumain".

En outre, les deux camps se rejettent la responsabilité des violents affrontements du week-end.

L'Union africaine sur place

Le secrétaire d'État américain John Kerry s'est dit "très inquiet". L'organisation Human Rights Watch a dénoncé un "mépris criminel" des autorités "pour la vie humaine".

Une délégation de l'Union africaine est par ailleurs arrivée au Caire, où elle doit séjourner jusqu'au 5 août, pour s'informer de la situation dans le pays. L'UA a suspendu l'Egypte de ses travaux après le coup militaire contre Mohamed Morsi.

S. A. avec AFP