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Le procureur du procès Pistorius s'agace: "moi, moi, toujours moi"

Oscar Pistorius à son arrivée au tribunal de Pretoria, le 11 avril 2014.

Oscar Pistorius à son arrivée au tribunal de Pretoria, le 11 avril 2014. - -

Au troisième jour de contre-interrogatoire, entamé ce vendredi, le procureur s'est notamment intéressé au système de sécurité dont est équipée la maison du champion paralympique.

Troisième jour de confrontation au redoutable procureur Gerrie Nel pour Oscar Pistorius. Le contre-interrogatoire du champion paralympique sud-africain, accusé d'avoir assassiné sa petite amie Reeva Steenkamp, a repris ce vendredi à Pretoria. Le procureur a notamment cherché à établir s'il avait de véritables raisons de croire à la présence d'un cambrioleur au moment des faits, le fameux soir du 14 février 2013.

Des interrogations sur la maison

Le procureur Gerrie Nel a entrepris d'interroger Pistorius sur les mesures de sécurité dont il s'entourait dans sa maison, où il habitait depuis mai 2008, au coeur d'un lotissement cerné par un mur d'enceinte fortifié: alarme, instructions données aux ouvriers travaillant chez lui, réparations.

Des travaux de peinture entrepris chez Oscar Pistorius auraient pu gêner le fonctionnement de l'alarme, a expliqué l'intéressé: "Puisqu'il y avait des travaux dans ma maison, quelqu'un aurait pu enlever une balise d'alarme sur le mur". Mais pourquoi n'avait-il pas vérifié que l'échelle des ouvriers était bien rangée dans son garage? Pourquoi n'avait-il pas fait réparer la fenêtre de la salle de bains ?

"Votre version est un mensonge!"

Jeudi, Gerrie Nel avait jugé "impossible" la version des faits de l'athlète doublement amputé, qui affirme que c'est "par accident" qu'il a tué son amie aux premières heures de la Saint-Valentin 2013, la prenant pour un cambrioleur caché dans ses toilettes.

"Votre version est tellement improbable que personne ne va jamais croire qu'elle est raisonnablement vraie. C'est vraiment impossible! (...) Votre version est un mensonge!", a lancé le procureur, qui croit que le couple s'était violemment disputé. Le procureur, qui passe les arguments d'Oscar Pistorius à la moulinette depuis mercredi, a aussi dressé un portrait peu flatteur du champion paralympique, lui reprochant d'être égocentrique, d'avoir humilié fréquemment son amie Reeva, et d'entretenir une relation à sens unique.

"Moi, moi, moi, toujours moi"

"Elle priait pour moi", a encore affirmé Pistorius ce vendredi, ce que n'a pas manqué d'exploiter le procureur. "Moi, moi, moi, toujours moi", a-t-il rétorqué en substance. Gerrie Nel accuse Pistorius de ne jamais admettre sa responsabilité pour quoi que ce soit, se défaussant sur le mensonge ou la négligence des autres.

L'athlète a notamment accusé de mensonge une ex-petite amie qui a raconté, de même qu'un autre témoin, qu'il avait tiré par le toit ouvrant d'une voiture après une interpellation pour excès de vitesse en septembre 2012. Il a aussi accusé les policiers d'avoir tout bougé dans sa chambre après le meurtre de Reeva Steenkamp: la couette retrouvée par terre, les ventilateurs qu'il affirme avoir été chercher sur le balcon, les rideaux qu'il dit avoir fermés avant de tirer le noir.

A.S. avec AFP