BFMTV

Afghanistan: pourquoi Emmanuel Macron va prendre la parole ce lundi soir

Emmanuel Macron, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée, le 31 mars 2021

Emmanuel Macron, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée, le 31 mars 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Après le retour au pouvoir des talibans, le président de la République devra, entre autres, évoquer l'évacuation des ressortissants français encore sur place. Mais aussi du sort de leurs alliés ces dernières années.

Pour la première fois depuis de longs mois, Emmanuel Macron va s'adresser aux Français sur un autre terme que la pandémie de Covid-19 qui touche encore le pays. Ce lundi à 20 heures, le président de la République évoquera les tragiques derniers événements survenus en Afghanistan, où les talibans ont repris le contrôle du pays après avoir atteint la capitale Kaboul et son palais présidentiel.

Au cours de cette allocution, qui est annoncée comme assez courte, et qui intervient quelques heures après un conseil de défense qui s'est achevé en début d'après-midi, l'Elysée a signalé à BFMTV qu'Emmanuel Macron devrait dans un premier temps évoquer la situation géopolitique globale, très inquiétante, qui fait potentiellement basculer toute la région dans une crise. De manière assez pédagogique, le chef d'État aura pour mission de rassurer les Français sur la portée de ce conflit. La question de potentiels flux migratoires pourrait être abordée.

Ces dernières heures, plusieurs personnalités politiques dont le candidat à la présidentielle Xavier Bertrand, ont demandé au président de la République de se positionner sur ce sujet, en lui demandant de coordonner une réponse européenne. De son côté, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, elle-aussi candidate à l'élection suprême, avait réclamé "une initiative internationale de grande envergure".

Évacuation des Français, mais pas que

Puis, sera logiquement abordé le thème du rapatriement des ressortissants français, quelques dizaines, encore présents sur le territoire afghan. Ce lundi, cette opération militaire d'évacuation, baptisée Apagan, avait pris forme avec le décollage de deux avions de transport de l'Armée de l'Air, un C130 et un A400M, en direction d'une base des Émirats arabes unis.

Dans la matinée, la ministre des Armées Florence Parly avait assuré que la première rotation aérienne d'évacuation des Français serait organisée dans les heures qui viennent.

"Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Émirats arabes unis les conditions d'accueil des premiers évacués, qu'il s'agisse de ressortissants français qui seraient encore à Kaboul, mais qu'il s'agisse aussi des personnes qui sont sous notre protection et que nous allons évacuer", avait-elle ajouté.

Pour ces Afghans qui ont pu collaborer avec l'armée française avant son départ en 2014, Emmanuel Macron devrait avoir des mots à leur sujet, alors qu'aucune liste officielle n'existe. Le locataire de l'Élysée pourrait, selon toute vraisemblance, leur accorder un visa pour la France.

Pays des droits de l'homme

Enfin, comme l'avait de nouveau glissé l'Elysée à BFMTV, Emmanuel Macron souhaite prendre la parole car la France est le pays des droits de l’homme et des lumières et qu’il est évidemment important que son représentant s’exprime face à une situation qui peut faire basculer l'Afghanistan dans un régime totalitaire.

La France a par ailleurs réitéré sa volonté de "continuer de mettre en protection les personnalités de la société civile afghane, les défenseurs des droits, les artistes et les journalistes particulièrement menacés pour leur engagement".

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV