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À quoi doit-on s'attendre après les frappes occidentales contre la Syrie?

Tir d'un missile de croisière depuis une frégate de la Marine française le 14 avril 2018

Tir d'un missile de croisière depuis une frégate de la Marine française le 14 avril 2018 - "AFP PHOTO / ECPAD"

Après les frappes aériennes ciblées menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni sur des positions syriennes, les Occidentaux espèrent toujours user de la voie diplomatique. La Russie a dénoncé avec une "grande fermeté" les frappes, convoquant une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU.

Des frappes, et après? Les forces armées américaines, françaises et britanniques ont bombardé des forces de sécurité syriennes, notamment des centres de recherche chimique ainsi qu'une base de la garde républicaine, dans la nuit de vendredi à samedi, en réaction à l’attaque chimique de Douma, imputée au régime syrien.

Faut-il désormais craindre une escalade de la violence entre les Occidentaux et la Syrie, épaulée par ses alliés russes et iraniens, ou la voie diplomatique va-t-elle prendre le relais?

Eviter l'escalade avec la Russie

Cette nuit, les Occidentaux, qui veulent éviter l’escalade militaire avec la Russie, ont bien pris soin de ne pas cibler les forces russes présentes en Syrie, les avertissant de l’imminence des bombardements qui n’ont fait "aucune victime", comme l'affirme l’armée russe.

"On a de toute évidence évité l'engrenage en prévenant les Russes. Je vous rappelle qu'il y a 5000 militaires russes en Syrie", a souligné l'ancien ministre de la Défense Hervé Morin, au micro de BFMTV.

Les bombardements, "des frappes ciblées" selon le président américain Donald Trump, ont visé de manière précise les installations chimiques syriennes, le but de la manœuvre n'étant pas d'infléchir sur le cours de la guerre civile, mais d'empêcher Bachar al-Assad d'utiliser des armes chimiques contre les populations civiles.

Mais cette précaution n'a pas empêché la Russie de "dénoncer avec la plus grande fermeté" les frappes occidentales par la voix de son président Vladimir Poutine. Dans la foulée, les Russes ont convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, ajoutant que les frappes avaient été menées "sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, en violation de la Charte des Nations unies, des normes et principes du droit international".

Une intervention ponctuelle

Après cette salve de frappes nocturnes, la France a privilégié ce samedi la voie diplomatique, assurant être "toujours prête à parler à tout le monde", comme l’a expliqué dans la matinée Jean-Yves Le Drian sur BFMTV. Le chef de la diplomatie française a souligné le caractère ponctuel des frappes de la nuit, qui ont selon lui rempli leur objectif. "Il n’y a pas de première phase, il n’y a qu’une phase", a-t-il ainsi affirmé. 

Un caractère ponctuel également assuré par le chef d'Etat-Major des armées américain, Joseph Dunford. "Nous avons détruit toutes les cibles que nous visions, les opérations sont terminées", a-t-il déclaré ce samedi depuis le Pentagone. 

Le ministre des Affaires étrangères a cependant averti qu’en cas de nouvelle attaque chimique, "il y aurait à nouveau des frappes". 

Bachar al-Assad toujours "déterminé"

De son côté Bachar Al-Assad n'a pas oublié la guerre civile qui déchire la Syrie depuis 2011 et l'oppose à plusieurs groupes rebelles. Il a assuré ce samedi que "cette agression", ne faisait que renforcer "la détermination de la Syrie à continuer de lutter et d’écraser le terrorisme sur chaque partielle de territoire".

Dans la foulée, des forces de sécurité du régime syrien sont entrées à Douma, ciblée par une présumée attaque chimique, imputée à l'armée syrienne le week-end dernier. Mais la réponse militaire aux frappes occidentales a, elle, été plus timide: "Nous avons reçu plusieurs tirs de représailles de missiles au sol de l'armée syrienne. C'est la seule réponse que nous connaissons pour le moment", a ainsi assuré Joseph Dunford.

Guillaume Dussourt