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Les tortues d'Hermann, victimes des incendies du Var

Une tortue d'Hermann à Gonfaron, dans le Var

Une tortue d'Hermann à Gonfaron, dans le Var - Bernard Devaux-AFP

Les populations de tortues d'Hermann, la seule espèce de tortue terrestre vivant à l'état sauvage en France, ont été particulièrement touchées par les incendies du Var.

Décimées par les incendies du Var. Alors que 400 hectares sont partis en fumée, les populations de tortues d'Hermann, présentes dans les massifs des Maures et de l'Esterel, au sud de Saint-Tropez, ravagés par des incendies fin juillet, ont elles aussi été victimes des feux. Elle est la seule espèce de tortue terrestre de France à vivre à l'état sauvage.

Une mortalité de 90%

Selon le conservatoire régional d'espaces naturels (Cen) de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 90% des spécimens de cette espèce sont morts dans les récents incendies des Cap Taillat et Lardier, au niveau de La Croix-Valmer et Ramatuelle. Avant les feux, une centaine d'individus y vivaient, selon un naturaliste du Cen à Fréquence sud.

Antoine Catard, responsable du pôle Var du Cen, a mené des prospections dans la région. Il indique à 20 minutes avoir retrouvé 27 tortues, "dont 25 cadavres". 

Une espèce menacée

"Le feu a été tellement violent que sur les 15 hectares parcourus, moins de 10% des tortues trouvées étaient vivantes. Elles ont pu s'enterrer ou bénéficier d'une poche de végétation qui a échappé aux flammes", explique à Var matin Sébastien Caron, responsable scientifique de l'Association de protection des tortues d'Hermann.

Selon le Village des tortues de Carnoules, un centre de conservation destiné à la protection de ces reptiles, "la tortue d'Hermann est actuellement un des reptiles les plus menacés de France. Elle est classée en tant que vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées françaises et en danger" en Provence-Alpes-Côte d'Azur".

Ne pas les ramasser

Sébastien Caron appelle les promeneurs qui pourraient rencontrer l'une de ces survivantes à ne pas les ramasser, sauf dans le cas des tortues blessées. Il est dans ce cas conseillé de la déposer au village des tortues de Carnoules. Déplacer ces reptiles serait un nouveau désastre selon lui.

"Ce serait une seconde catastrophe à la suite de ces feux, met-il en garde pour le quotidien régional. C'est grâce à ces tortues totalement capables de survivre en milieu hostile que les populations sauvages se reconstitueront."

Un drame pour cette espèce qui avait été jusqu'à présent préservée. "Le cycle des tortues ressemble à celui des humains, s'inquiète Antoine Catard. Il faut attendre douze à treize ans pour qu'elles puissent se reproduire, et les petits survivent rarement."

Céline Hussonnois-Alaya