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Climat: l'UE adopte l'objectif de réduire ses émissions carbone d'"au moins" 55% d'ici 2030

Manifestation en faveur de la défense du climat le 13 octobre 2018 à Bordeaux

Manifestation en faveur de la défense du climat le 13 octobre 2018 à Bordeaux - NICOLAS TUCAT © 2019 AFP

Cet accord intervient à la veille d'un sommet international sur le climat initié par le président américain Joe Biden.

Eurodéputés et États de l'UE se sont mis d'accord ce mercredi pour adopter l'objectif d'une réduction nette d'"au moins 55%" des émissions de gaz à effet de serre de l'UE d'ici 2030, par rapport au niveau de 1990, ont annoncé la Commission européenne et plusieurs parlementaires.

Cet objectif faisait l'objet d'âpres négociations entre d'une part les Vingt-Sept, qui s'étaient entendus en novembre sur une réduction de 55%, et le Parlement européen, qui réclamait un objectif d'au moins 60%. Cet accord intervient à la veille d'un sommet international sur le climat initié par le président américain Joe Biden.

"C'est un moment historique pour l'UE (...) L'accord renforce notre position dans le monde comme un leader du combat contre la crise climatique", s'est félicité Frans Timmermans, vice-président de la Commission en charge du "Pacte vert" européen, cité dans un communiqué.

De son côté, le ministre portugais de l'Environnement Joao Pedro Matos Fernandes, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, a salué "un signal fort au monde entier" et un objectif "aujourd'hui gravé dans le marbre".

Les pourparlers entre États et eurodéputés, dans l'impasse depuis des mois, avaient repris mardi en début d'après-midi et se sont prolongés jusqu'après 5 heures du matin, soit quatorze heures de négociations.

Un "compromis ambitieux"

"Le Parlement était évidemment prêt à aller encore plus loin, mais le compromis trouvé est ambitieux : nous allons faire deux fois et demi plus en 9 ans que ce que nous avons fait au cours des 10 dernières années en Europe", a observé l'eurodéputé Pascal Canfin (Renew, libéraux), président de la commission Environnement au Parlement européen.

Désormais, "l'objectif d'une neutralité carbone pour 2050 deviendra juridiquement contraignant", a abondé l'eurodéputé allemand Peter Liese (PPE, droite pro-UE) dans un tweet.

En revanche, a-t-il regretté, cet objectif de neutralité carbone s'appliquera collectivement à l'ensemble des Vingt-Sept, mais ne s'imposera pas à chaque Etat individuellement, contrairement à ce que souhaitait le Parlement. La Pologne en revanche, encore très dépendante du charbon, s'y opposait farouchement.

Dans l'accord trouvé, l'objectif est une baisse "nette" des émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire qui inclut la compensation des émissions de CO2 par des "puits de carbone" naturel, via la reforestation par exemple. "C'est la reconnaissance du besoin d'améliorer les 'puits de carbone' de l'UE", via une meilleure régulation de l'usage des sols et espaces forestiers, souligne la Commission.

La réduction totale des émissions pourrait même "atteindre près de 57% par rapport à 1990", calcule Pascal Canfin.

Des écolos pas convaincus

De leur côté, ONG environnementales et des eurodéputés verts dénoncent farouchement une cible "nette" qui tient notamment compte du CO2 capté par les forêts - au risque de réduire ainsi mécaniquement la baisse réelle exigée des secteurs polluants.

"La loi climat n'est pas à la hauteur de ses ambitions. En termes réels, ce n'est qu'une réduction de 52,8%, ce n'est pas le 'Pacte vert' qu'il nous faut (...) et c'est insuffisant au regard de l'accord de Paris", a cinglé sur Twitter Michael Bloss, eurodéputé vert allemand.

M.D. avec AFP