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Chasse à la glu: la LPO saisit la Commission européenne contre la France

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La ligue de la protection des oiseaux avaient demandé l'arrêt de la chasse à la glu. Une demande déboutée par le Conseil d'Etat le 28 décembre.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a annoncé ce jeudi une plainte contre la France devant la Commission européenne après que le Conseil d'Etat a annoncé valider la chasse à la glu, cette chasse "traditionnelle" qui consiste à capturer des oiseaux à l'aide de tiges en bois enduites de glu et posées sur des arbres ou buissons.

Une directive européenne de 2009 interdit normalement les "méthodes de capture ou de mise à mort massive ou non sélective" d'oiseaux, notamment la chasse à la glu. Elle prévoit uniquement des dérogations quand "il n'existe pas d'autre méthode satisfaisante". La France autorise ainsi la chasse à la glu dans cinq départements: les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse pour la capture "sélective" des grives et des merles noirs "en petites quantités" plaidant qu'"il n'existe pas d'autre solution satisfaisante".

Une méthode "cruelle"

La LPO avait déposé une demande d'abrogation de cet dérogation auprès du Conseil d'Etat qui l'a donc rejeté. Les défenseurs des oiseaux dénoncent une méthode "cruelle". "Les oiseaux se débattent, et plus ils se débattent plus ils s'encollent le plumage", décrit le directeur général de la LPO Yves Verilhac, expliquant que les oiseaux sont ensuite décollés, gardés vivants avant d'être ultérieurement placés dans des cages afin d'attirer en chantant leurs congénères alors tirés au fusil. 

Au-delà, la LPO met en avant le risque que d'autres espèces que celles visées soient prises au piège, comme les mésanges, les rouges-gorges, voire certains rapaces. S'ils peuvent subir les conséquences de la glu sur laquelle ils s'arrachent les plumes, ils sont également victimes des solvants utilisés par les chasseurs pour les décoller, assure Yves Verilhac.

Un groupe de travail sur les chasses traditionnelles

L'association nationale de défense des chasses traditionnelles à la grive, saluant la décision du Conseil d'Etat, a de son côté dénoncé sur son site internet des "campagnes de dénigrement infondées" de la part d'"Ayatollahs, apôtres de la pensée unique".

Le ministère de la Transition écologique a lancé en octobre un groupe de travail sur les chasses traditionnelles comme celles à la glu ou aux filets. Ces "chasses dites "traditionnelles" appartiennent au passé. A l'heure où la biodiversité s'effondre, et en particulier les oiseaux, s'amuser à coller (glu), étrangler (tenderie) ou écraser (tendelle) des dizaines de milliers d'entre eux, en plus du fusil, est juste irresponsable", a commenté jeudi dans un communiqué le président de la LPO Allain Bougrain Dubourg.

Cy.C avec AFP