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Des librairies retirent de la vente une BD de Bastien Vivès accusée de pédopornographie

Couverture de Petit Paul

Couverture de Petit Paul - Glénat

Une pétition demandant son retrait des rayons, lancée ce week-end, a recueilli ce mardi 25 septembre plus de 2.000 signatures.

Petit Paul, BD de Bastien Vivès publiée dans une nouvelle collection érotique lancée par Glénat et dirigée par l'ex-star du porno Céline Tran, a été retirée des ventes par les magasins Cultura et Gibert Joseph sur fond d'accusations de pédopornographie.

"Les équipes sont mobilisées. Nous procédons au retrait de la BD dans nos magasins ainsi que sur notre site. Merci encore pour votre alerte", a indiqué sur Twitter l'enseigne de distribution de biens culturels qui se présente comme le deuxième libraire de France.

Plus de 2.000 signatures sur une pétition

"Nous procéderons au retrait de la BD dans nos librairies mais également sur notre site", a annoncé de son côté le groupe de librairies Gibert Joseph sur le réseau social. Une pétition demandant son retrait des rayons, lancée ce week-end, a recueilli ce mardi 25 septembre plus de 2.000 signatures.

"Présenté par son auteur comme un livre humoristique, mais se voulant excitant car basé sur ses fantasmes, Petit Paul montre les péripéties d'un enfant de 10 ans avec un énorme pénis que vont utiliser bon gré mal gré les femmes de son entourage", indique la pétition rappelant que l'article 227-23 du code pénal interdit les représentations à caractère pornographique de mineurs.

Interrogé par BFMTV avant la sortie de Petit Paul sur les réactions que pourrait susciter l'ouvrage, Bastien Vivès avait répondu: "Je ne préfère pas y penser. Quand c'est bien fait, quand ce n'est pas abêtissant, quand ce n'est pas malveillant, ça passe très bien."

"Préparez-vous pour le procès!"

Les éditions Glénat ont défendu dans un communiqué leur auteur: "Nous réfutons fermement et catégoriquement les accusations de pédopornographie dont Petit Paul fait l'objet. Aussi obscène et provocatrice qu'on puisse la considérer, cette œuvre de fiction n'a jamais pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l'abus de mineur de quelque manière que ce soit".

La maison d'édition, qui se dit "particulièrement attentive à ce qu'elle publie" et "assume l'ensemble de ses choix éditoriaux", poursuit: "Il s'agit d'une caricature, dont le dessin, volontairement grotesque et outrancier dans ses proportions, ne laisse planer aucun doute quant à la nature totalement irréaliste du personnage et de son environnement."

L'association internationale des victimes de l'inceste a cependant annoncé dans un tweet son intention de porter plainte: "Préparez-vous pour le procès! On verra bien ce que pensent les juges de la mise en images des 'aventures' sexuelles d'un garçon de 10 ans!!", peut-on lire sur le compte de l'association. 

"Ce n’est pas le livre qu’on critique ici mais le tout"

Ce n'est pas uniquement l'album Petit Paul qui créé polémique, mais aussi des propos tenus par Bastien Vivès dans une interview accordée au Huffington Post: "Si ce n'est pas excitant, j'espère au moins que les lecteurs se marreront", explique notamment l'auteur de Polina au pureplayer. Une déclaration dénoncée par la dessinatrice Tanx sur son blog:

"Ce n’est pas le livre qu’on critique ici mais le tout: comme d’habitude on voudrait nous faire séparer l’artiste de sa création, quand les deux disent la même chose", analyse l'autrice. "Vivès dit, noir sur blanc, qu’il espère exciter son lectorat. Il dit qu’il ne peut pas dessiner ce qui ne l’excite pas, et ce thème récurrent de pédophilie s’étale livre après livre dans sa production."

Boulet, connu pour ses Notes, a également commenté l'affaire sur son compte Twitter: "Tanx arrive beaucoup mieux que moi à exprimer le malaise autour du dernier Vivès. On peut être un farouche opposant à toute forme de censure et vouloir quand même dire son dégoût face à des propos exprimés en public." Contacté lundi 24 septembre par Le Parisien, Bastien Vivès maintient sa position: 

"C’est une BD qui parle de cul de manière décomplexée. C’est clairement pour adultes et c’est sous scellé. On est plus dans le fantasme que dans la réalité. Et quand je parle de mes fantasmes, je parle bien sûr d’être dans la même situation que Petit Paul… Mon truc à moi c’est plutôt les gros seins, pas les enfants… Ce bouquin, c’est comme une grosse blague, pour faire rigoler les gens. Certainement pas une apologie de la pédophilie."

Jérôme Lachasse avec AFP