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Covid-19: Bachelot intéressée mais mesurée sur les expérimentations des spectacles sanitaires

Invitée ce dimanche de BFM Politique, la ministre de la Culture ne cache pas son intérêt pour les expérimentations de tests avant d'entrer dans des salles de spectacles, comme l'Espagne l'a fait. Ce qui ne l'empêche pas de douter par ailleurs.

Un test pour accéder à un lieu culturel? Invitée ce dimanche de BFM Politique, Roselyne Bachelot évoque la possibilité de faire tester les spectateurs par les salles afin de permettre leur réouverture, avançant des "stratégies de précaution".

Vendredi dernier déjà, la ministre de la Culture a indiqué sur France Info qu'elle étudiait "avec soin" l'essai encourageant réalisé le 12 décembre à Barcelone pour déterminer si l'on peut assister sans risque à un concert. Plusieurs centaines de personnes s'étaient en effet rendues dans la salle Apolo de la ville pour un concert, munis d'un masque FFP2 et après avoir été testés négatifs au coronavirus par le biais d'un test antigénique. Fin décembre, les directeurs de l'essai ont dévoilé que tous les participants avaient ensuite été de nouveau testés négatifs au coronavirus huit jours plus tard.

"Je trouve ces expériences tout à fait intéressantes, et je les suis avec un grand intérêt", assure-t-elle ce dimanche sur notre plateau. "Ce que je trouve intéressant, c'est la façon dont ça s'est déroulé: tous les spectateurs ont été testés négatifs avant de rentrer dans la salle. C'est de ça dont nous discutons avec les acteurs du spectacle vivant: de la logistique à mettre en place."

Si l'expérimentation en question suscite l'intérêt de Roselyne Bachelot, elle n'en reste pas moins circonspecte. Jugeant qu'une expérience de ce type "facile à organiser", notre invitée a plus de doute quant à son application concrète "sur les milliers de salles du spectacle vivant". "Organiser du testing avant chaque représentation... on passe déjà à une autre échelle", doute celle qui fut également ministre de la Santé sous Nicolas Sarkozy.

Des déséquilibres entre les salles

L'exemple espagnol soulève d'autres questions pour la ministre de la Culture. Cette dernière précise que la ventilation et la température avaient été vérifiées en continu, et qu'un "système de gardiens de sécurité très important" avait été mis en place durant l'expérience.

"Est-ce que cela amènerait à labéliser des salles qui seraient 'pandémie-compatibles', et d'autres qui ne le seraient pas?", se demande Roselyne Bachelot, qui rappelle que les toutes petites salles ne bénéficient pas de la même configuration que de plus grandes salles, et craint des déséquilibres.

"Je suis ces expériences avec beaucoup d'intérêt, et on regarde si c'est faisable", martèle-t-elle. "Tout ça pose des questions qu'il faut résoudre avec les opérateurs du spectacle vivant."

Nawal Bonnefoy