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Souffrance animale: une étude britannique confirme que les homards, crabes et poulpes sont sensibles à la douleur

Un homard venant tout juste d'être ébouillanté (Photo d'illustration).

Un homard venant tout juste d'être ébouillanté (Photo d'illustration). - Flickr - CC Commons - Andy 2 Boyz

Une étude commandée par le gouvernement britannique confirme que les homards, crabes et poulpes sont sensibles à la douleur, et recommande ainsi de ne pas les ébouillanter vivants avant de les consommer.

Faire bouillir des homards encore vivants pourrait bientôt être interdit au Royaume-Uni. Les poulpes, crabes et les homards sont capables de ressentir la douleur et ne devraient plus être ébouillantés vivants en vue de leur consommation, révèle une nouvelle étude commandée par le gouvernement britannique. Ce rapport, réalisé par des experts de la London School of Economics dans le cadre d'un projet de loi sur le bien-être animal, a passé au crible 300 études scientifiques afin d'établir si les céphalopodes (mollusques munis de tentacules) et les décapodes (custacés à cinq paires de pattes) devaient être classés comme des êtres sensibles à la douleur.

Les résultats de l'étude ont montré que les crabes, homards et poulpes étaient bien sensibles à la douleur, et qu'ils ne devaient donc plus être ébouillantés vivants. Dans le détail, l'étude a révélé de "très fortes preuves" de sensibilité chez les octopodes (poulpes et autres pieuvres), et de "fortes preuves" de sensibilité chez la plupart des crabes. Quant aux calamars, seiches et autres homards, les preuves de leur sensibilité ont été jugées "importantes mais pas définitives".

La sensibilité des crustacés évaluée

Cependant, soulignent les experts de l'étude britannique, les scientifiques à l'origine des précédents rapports ont porté une attention différente aux différentes espèces, ce qui explique les disparités des résultats.

"L'attention des scientifiques s'est portée sur certains animaux plutôt que d'autres en raison de commodités pratiques", souligne le rapport. "Pour cette raison, nous pensons qu'il serait inapproprié de limiter nos recommandations spécifiquement aux céphalopodes".

Dans le cadre de cette nouvelle étude, la chaîne américaine CNN rapporte que les scientifiques britanniques ont mesuré la sensibilité de ces animaux de huit manières différentes: notamment en mesurant leurs capacités d'apprentissage, le fait qu'ils soient dotés ou non de récepteurs à la douleur, dont certains reliés au cerveau. Ils ont aussi évalués s'ils avaient ou non des comportements adaptés en fonction des différentes situations, par exemple lorsqu'ils étaient confrontés à une menace, une opportunité ou encore une récompense.

Une loi déjà appliquée en Suisse

Par conséquent, le rapport préconise une liste de meilleures pratiques pour éviter leur souffrance, notamment dans leur transport, leur étourdissement ou encore leur abattage. Au Royaume-Uni, les vertébrés, animaux dotés d'une colonne vertébrale, sont déjà classés comme des êtres sensibles dans la législation relative au bien-être animal. Cette nouvelle étude avait pour but de mettre à jour la liste nationale des êtres considérés comme sensibles, et donc à protéger en vertu de la nouvelle législation sur le bien-être animal.

"Il est désormais clair que les crustacés et les mollusques peuvent ressentir la douleur, et il est donc tout à fait juste qu’ils soient couverts par ce texte de loi essentiel", a réagi le ministre de l’Environnement en charge du bien-être animal Zac Goldsmith.

Déjà depuis 2018 en Suisse, il est interdit de cuisiner les homards en les plongeant dans un bouillon sans les avoir étourdis au préalable. Les crustacés ne peuvent plus être transportés sur de la glace ni sur de l'eau glacée et devront être maintenus dans leur "environnement naturel". Une étude irlandaise réalisée par Bob Elwood en 2013, le chercheur et biologiste à la Queen's University de Belfast, suggérait déjà que les crustacés pouvaient ressentir la douleur, après des expériences sur le comportement de crabes recevant des décharges électriques.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV