BFMTV

Violences: la frustration des gilets jaunes envers les casseurs et les autorités pour leur 1er anniversaire

Samedi à Paris, les gilets jaunes ont été "empêchés" de manifester par la présence de blacks blocs venus en découdre avec les forces de l'ordre. Pour les manifestants de la première heure, ils ont l'impression de s'être fait voler leur journée d'anniversaire. Ailleurs, les rassemblements se sont déroulés dans le calme.

Colère et écœurement. Au lendemain de ce samedi de mobilisation, marqué par une nouvelle flambée de violence principalement à Paris, certains gilets jaunes ne cachent pas leur énervement. Ils regrettent de s'être fait voler leur journée d'anniversaire par quelques centaines de casseurs, venus gâcher les festivités. Au total, 173 individus ont été interpellés à Paris, et 289 dans toute la France, indique la préfecture de police à BFMTV.

"Les blacks blocs nous empêchent de manifester"

Dès la fin de matinée, le jaune a laissé place au noir aux alentours de la place d'Italie (13e arrondissement), point de départ de l'une des trois manifestations autorisées. Après des affrontements entre forces de l'ordre et des dizaines d'individus masqués, lors desquels les pompiers ont également été pris à partie, la préfecture de police a décidé d'interdire la manifestation. Au grand dam des gilets jaunes, venus fêter les un an de mobilisation:

"Je suis en colère, on était venus pour manifester pour tout ce qu'on revendique. Les blacks blocs nous empêchent de manifester et la police ne fait rien du tout. Elle regarde, elle ne bat même pas dessus", s'insurge Hervé, un retraité.

Excédé, Jérôme Rodrigues, figure des gilets jaunes s'insurge contre la décision de la préfecture, alors que la manifestation est un "outil démocratique":

"Je ne cautionne pas, j'explique que la frustration emmène une certaine violence. Il y a la frustration des gens qui sont dans la rue depuis un an, qui ne sont pas écoutés, qui sont éclatés. Et là, il y a la frustration de ne même pas nous laisser manifester, nous laisser utiliser cet outil démocratique qu'est la manifestation. Il est là le problème", tance-t-il.

"C'est minable que la manifestation ait été interdite"

Une colère partagée par Catherine Van Puymbroeck, gilet jaunes d'Eure-et-Loir, venue à Paris avec son fils pour manifester pour la première fois:

"C'est pitoyable, c'est minable que la manifestation ait été interdite. Manifester c'est un droit et on me le refuse. La colère est provoquée par l'Etat", s'emporte-t-elle auprès de l'Agence France-Presse (AFP). 

Sur notre plateau, David Poulain, président de l'association des "Gilets jaunes constructifs" a regretté samedi soir qu'on ne retienne que la flambée de violence:

"On va ne parler que de ça et on ne parlera pas des actions qui ont été faites de manière pacifique comme les ronds-points. Ces gens-là profitent du mal-être social dans notre pays", estime David Poulain.

Ballons et fanions sur les ronds-points

Des heurts sporadiques ont également été observés à Nantes et Bordeaux. Ailleurs, la plupart des manifestations se sont déroulées sans incidents.

Dans le sud-est par exemple, les gilets jaunes avaient réinvesti certains ronds-points, distribuant tracts aux automobilistes, sans dégradation ni importante perturbation. Ils étaient une centaine à Albi (Tarn), quelques poignées à Auch, dans le Gers.

Des ballons et des fanions avaient été accrochés aux arbres. Un verre à la main, des groupes de gilets jaunes se sont chanté "Joyeux anniversaire". Un esprit bon enfant bien éloigné des violences de la capitale. 

Esther Paolini avec AFP