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VIDEO - Une filière jihadiste à Lunel, dans l'Hérault?

Des membres de l'Etat islamique dans une vidéo de propagande, à Raqqa, en Syrie.

Des membres de l'Etat islamique dans une vidéo de propagande, à Raqqa, en Syrie. - HO - IS Raqqa - AFP

Quatre jeunes hommes, dont deux frères, sont morts dans des combats en Syrie. Ils étaient tous originaires de Lunel, dans l'Hérault. Une source proche de l'enquête soupçonne l'existence d'une filière de recrutement dans la ville.

La petite ville de Lunel, dans l'Hérault, est sous le choc: mercredi, les habitants ont appris la mort de quatre jeunes du "pays", âgés de 19 à 30 ans, dont deux frères. Tous ont été tués en Syrie, où ils étaient partis faire le jihad dans les rangs de Daesh.

Les quatre jeunes hommes avaient quitté la France il y a plusieurs mois. Trois sont de confession musulmane par leurs parents, le quatrième s'était récemment converti. Leurs épouses et leurs bébés, venus avec eux en Syrie, sont toujours sur place, révèle Le Midi Libre, qui précise que l'une d'entre elles chercherait à rentrer en France avec son enfant.

Des départs très organisés

Parmi ces quatre jeunes hommes, deux étaient des frères d'origine tunisienne, révèle BFMTV. Tous deux étaient en couple avec des Françaises, qui se sont ensuite converties à l'islam. L'une d'entre-elle, prénommée Maeva, a réussi à rejoindre la Syrie. La seconde, Charlotte, est âgée de 17 ans, et est toujours en France. En partant, son copain lui aurait demandé de se rapprocher de "certaines personnes" afin de préparer son départ, pouvant confirmer l'hypothèse d'un recruteur ou d'un groupe de recruteurs dans cette région de France.

L'un d'eux serait un ancien militaire, spécialisé dans les commandos. Avant de partir, il aurait investi dans des lunettes de vision-nocturne, des couteaux de combat et des sacs à dos à oxygène hermétique. 

Quel parcours?

Si quatre jeunes de Lunel sont officiellement morts, ils sont beaucoup plus de cette petite ville à être partis faire le jihad. A ce titre, et c'est intéressant, le chemin qu'ils ont emprunté pour se rendre en Syrie est différent que celui constaté jusqu'à maintenant. Au lieu de prendre l'avion directement de France jusqu'en Turquie pour ensuite franchir la frontière, deux groupes se sont ici formés: ils ont commencé chacun par louer une grande voiture pour se rendre d'un côté en Espagne, de l'autre en Italie. Et c'est à ce moment là qu'ils se sont rendus en Turquie par l'avion.

Autre détail, parmi ces jihadistes, un couple avait lancé plusieurs emprunts à la consommation pour pouvoir financer les départs de tout le monde. Ce qui laisse supposer qu'il n'y avait ici aucune volonté de rentrer un jour en France.

Morts dans un bombardement

Trois des jeunes hommes seraient morts lors d'un bombardement de l'armée syrienne le week-end dernier, à Deir Ez Zor, à la frontière avec le Liban. Le quatrième, également touché, serait décédé dans la semaine des suites de ses blessures.

De source proche de l'enquête, on évoque l'existence d'une "filière de recrutement" à Lunel, sans donner toutefois plus de précisions. "Il y a des prédicateurs sur Internet et dans nos rues, et il faut que nous nous mobilisions tous, car ce n'est pas juste l'affaire des musulmans. Les enfants qui vont mourir là-bas sont nos enfants, nous sommes face à des gens qui leur bourrent le mou et volent leurs vies", témoigne sur BFMTV Philippe Moissonnier, adjoint socialiste au maire de la commune.

Les familles restées en France des quatre jeunes hommes ont appris leur mort sur Twitter, quand leurs épouses ont posté des photos de leurs dépouilles. Pour elles, leurs défunts maris sont morts "en martyr". Les proches en France sont consternés.

A. G., Jé. M. avec Dominique Rizet et l'AFP