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Un jihadiste français tué en Syrie

Des jihadistes de Daesh à la frontière irako-syrienne (Photo d'illustration)

Des jihadistes de Daesh à la frontière irako-syrienne (Photo d'illustration) - Albaraka News - AFP

Agé de 33 ans, il était parti faire le jihad en Syrie en juin dernier avec son frère aîné. C'est ce dernier qui a annoncé sa mort sur Facebook.

Un jihadiste français de 33 ans est mort en Syrie. Originaire de la région parisienne, il était parti en juin, et a été tué en septembre. Gilles, converti à l'islam de longue date, vers 16 ans, est parti en juin avec son frère Emmanuel, 37 ans, converti plus récemment, il y a deux ans et demi, selon leur tante qui vit à Cognac, confirmant une information du quotidien Sud Ouest.

Samedi, l'aîné a annoncé la mort de son cadet, surnommé Bilal dans sa nouvelle vie, sur Facebook. "Bilal (...) est tombé samedi. Qu'Allah (...) accepte ses œuvres", a écrit Emmanuel avec lequel la famille a de nouveau communiqué depuis. Et n'a en rien senti qu'il pourrait changer de voie, revenir.

"On attend la deuxième mauvaise nouvelle"

"Il nous a dit qu'il est 'à l'arrière', pour s'occuper (communiquer avec) de la famille. Mais qu'il allait repartir au combat d'ici un ou deux jours, c'est-à-dire maintenant. On attend la deuxième mauvaise nouvelle...", a déclaré la tante, Christine, soulignant que la famille "ne se fait pas d'illusions. Ils sont dans leurs schémas, dans cette optique de mourir, ils ne veulent qu'une chose: aller au paradis". Le père, qui vit en région parisienne, a rapporté la mort de son fils aux autorités. Elle n'a pas été confirmée de source officielle.

La tante dit avoir vu les frères en mai, au mariage d'une cousine, et avoir été plutôt "rassurée", car Gilles, le plus jeune, paraissait détendu, n'arborait plus djellaba et barbe épaisse comme il y a trois ou quatre ans. "Rien ne laissait prévoir qu'ils allaient partir".

L'aîné, Emmanuel, a laissé en France une femme et trois enfants, issus de deux unions. Il avait eu "une enfance difficile", sur fond de couple parental alors instable, et avait gardé peu de relations avec sa famille, se souvient sa tante. Le plus jeune, Gilles, était "le plus fragile". "Il avait fait des séjours en hôpital psychiatrique, a souffert de schizophrénie". Pour la famille, les deux frères ont été endoctrinés essentiellement via Internet pour rejoindre le jihad. Ils ont une soeur de 34 ans et un frère de 27, "bien intégrés, bien dans leur tête", selon la tante.

A. K. avec AFP