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Vacances d'été: ce que l'on pourra faire et ce qui reste incertain

Ampleur des déplacements, accès aux plages, ouverture des bars et restaurants, festivals. Les vacances d'été des Français naviguent en eaux troubles à cause du coronavirus. Voici ce que nous savons ce mercredi.

On peine parfois à trouver un endroit ombragé sur son lieu de villégiature. Cette année cependant, pas besoin de planter le parasol ni de longer les murs pour tomber sur une zone d'ombre en ce qui concerne les vacances d'été. Alors qu'ils s'apprêtent à sortir de leur confinement ce lundi, les Français sont en effet dans l'incertitude la plus complète à ce sujet. Il faut dire que le coronavirus a bouleversé la société et ses habitudes et que la situation commande prudence et adaptation aux autorités poussées, par conséquent, à retarder leurs décisions définitives. Voici ce qui est d'ores et déjà établi pour cet été, à la veille de la présentation par Edouard Philippe de l'ultime mouture du plan de déconfinement.

  • Des déplacements limités à 100 kilomètres

Les Français vont donc quitter, pour ceux qui ont pu télétravailler ou ont été conduits au chômage partiel, le huis-clos observé entre leurs quatre murs depuis deux mois à partir de lundi. Mais avec un état d'urgence sanitaire prolongé jusqu'au 24 juillet, il est certain que ce bon de sortie, sur lequel le gouvernement ne s'interdit pas de revenir si les cas de nouveaux infectés au coronavirus repartent en flèche, aura quelque chose de restreint et de fragile. Jusqu'à cet horizon encore lointain, les déplacements seront limités à 100 kilomètres du lieu de résidence.

"100 kilomètres à vol d'oiseau", a suggéré Jean Castex, coordinateur des stratégies de déconfinement missionné par l'exécutif, devant la Commission des Lois qui l'auditionnait ce mercredi matin. Le ministère ne confirme cependant pas à ce stade, selon nos informations, cette qualification volatile. 

  • Des séjours à l'étranger? Rien n'est moins sûr

Au-delà, les trajets des Français resteront limités pour longtemps encore. Mardi, répondant à deux journalistes dans une salle de classe de Poissy en région parisienne, Emmanuel Macron déclarait qu'on serait fixé "début juin" sur les contours de ces éventuelles vacances d'été et ajoutait: "On va limiter les grands déplacements internationaux, même pendant les vacances d’été. On restera au moins entre Européens, peut-être en fonction de l’évolution de l’épidémie faudra-t-il réduire un peu plus. Mais c’est trop tôt pour le dire."

Ce mercredi matin, son secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, était moins optimiste encore sur France Info: "Les frontières extérieures de la France seront fermées pour plusieurs semaines, plusieurs mois encore". Ainsi, si tout séjour à l'étranger n'est pas tout à fait exclu, à condition d'être européen, il semble que le gouvernement envisage de borner les possibles au pays. 

  • Des plages fermées

Nos concitoyens habitant à moins de cent kilomètres des côtes pourraient être tentés de rallier les plages dès ce 11 mai, et l'été davantage encore. Mais Jean-Baptiste Lemoyne, toujours ce mercredi matin sur France Info, prévenait: "Le mode d’emploi de la plage est à trouver. On ne pourra pas être entassé sur les plages comme avant."

Mais il est un problème plus urgent. En effet, les plages sont de toute façon inaccessibles au public jusqu'à nouvel ordre, au moins jusqu'au 2 juin. Ainsi, Jean Castex a développé ce mercredi devant le Sénat: "Il ne faut pas que les réouvertures (de plages, NDLR) puissent donner la tentation de faire des migrations de personnes. Nous n'avons rien contre les migrations de personnes, nous avons beaucoup contre le déplacement du virus, que les personnes pourraient transporter". Il a, à ce titre, jugé que ces réouvertures de plages créeraient des "tentations" inutiles. Dimanche, Olivier Véran avait annoncé cette même couleur.

Des élus locaux de territoires concernés au premier chef, à commencer par le président du Conseil régional de Normandie Hervé Morin, ferraillent quant à eux pour que les Français retrouvent les plages rapidement, voire dès le 11 mai. 

  • Bars et restaurants attendront 

Une fois sur son lieu de vacances, encore faut-il disposer d'un point de chute. Or, pour le moment, bars, restaurants, hôtels sont fermés et le 11 mai ne les amènera pas à s'aérer à la bonne brise du va-et-vient des clients. Le gouvernement, par la voix notamment d'Edouard Philippe dans les derniers jours d'avril, a donné rendez-vous au secteur fin mai pour fixer une date.

Et celle-ci pourrait être distante, même à cette date. "Je ne suis pas en mesure de vous dire si on rouvrira les bars et les restaurants le 2 juin. Mais le gouvernement doit savoir à quelles conditions on pourrait les rouvrir, si elles sont réunies, le 2 juin", a ainsi lancé Jean Castex devant les sénateurs. 

  • Des événements culturels restreints

Enfin, les animations culturelles vont devoir sensiblement réduire la voilure, et ce, tout l'été. "Durant cet été, il n’y aura pas de grands événements rassemblant plus de 5.000 personnes. Mais ça n’empêchera pas des événements avec des publics réduits, des captations", a résumé Emmanuel Mcron ce mercredi midi depuis l'Elysée, après avoir consulté les acteurs du monde de la culture par visioconférence dans la matinée. 

Robin Verner