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Urgences en grève: un syndicat porte plainte pour dénoncer la situation "alarmante" à Lons-le-Saunier

Les urgences de l'hôpital de Bastia en Corse.

Les urgences de l'hôpital de Bastia en Corse. - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

En portant plainte contre X, le président du syndicat Jeunes médecins espère interpeller le gouvernement et faire "toute la lumière" sur les conditions de travail jugées "alarmantes" aux urgences de Lons-le-Saunier.

Le syndicat Jeunes médecins a annoncé ce mercredi avoir déposé plainte contre X pour dénoncer la "situation alarmante" des urgences de Lons-le-Saunier dans le Jura, touchées par une grève et une recrudescence d'arrêts maladie qui ont nécessité des réquisitions de personnels.

Les "tensions" évoquées dans la presse ces derniers jours par des soignants du service, en manque d'effectifs, "semblent tout d'abord mettre en péril les usagers, mais aussi les professionnels de santé, dont des jeunes professionnels encore en formation", s'inquiète le syndicat dans un communiqué.

Une "mise en danger possible" des patients

Consultée par l'AFP, la plainte pointe l'"attitude" potentiellement "critiquable" des autorités (préfecture, agence régionale de santé et direction du centre hospitalier) et une possible "mise en danger" des patients et des praticiens. 

En cause, le maintien "insensé" de deux événements sportifs (la traversée du Jura à vélo et une course de moto-cross) "à fort potentiel accidentel", c'est-à-dire susceptibles de provoquer un afflux de patients aux urgences, pourtant déjà victimes d'une "situation catastrophique".

Pour preuve, la préfecture du Jura a dû réquisitionner dès le 28 mai des personnels, parfois sollicités par les gendarmes en pleine nuit, pour faire face à de nombreux arrêts maladie. Mais cette mesure "dont la légalité est douteuse" n'a "pas été suffisante", selon la plainte. 

Plus de 80 services d'urgences en grève

Dans un article du Quotidien du médecin paru lundi, un interne "exténué" raconte ainsi l'"enfer" vécu fin mai, alors que deux praticiens seniors sur trois étaient en arrêt, et une "réelle mise en danger des patients", citant pêle-mêle une "phlébite qui se transforme en oedème pulmonaire, un enfant de 13 ans (...) qui passe la nuit dans un box aux urgences, une (victime de) fracture d'humérus qui attend 10 heures sur un brancard, sans antalgiques". 

En portant plainte, le président du syndicat Jeunes médecins, Emmanuel Loeb, espère interpeller le gouvernement et faire "toute la lumière" sur la situation de Lons-le-Saunier qui "existe malheureusement dans de nombreux autres hôpitaux". 

En témoigne le mouvement de grève démarré il y a près de trois mois et suivi par quelque 80 services d'urgences dans toute la France, selon le collectif Inter-Urgences, qui prévoit une manifestation jeudi à Paris pour réclamer plus d'effectifs et des revalorisations salariales.

De son côté, l'Ordre des médecins a demandé mercredi "l'organisation d'une concertation d'urgence". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, serait "disponible pour recevoir" les urgentistes, selon la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Jeanne Bulant avec AFP