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Un an après le début du mouvement, que sont devenues les figures des gilets jaunes?

Le mouvement contestataire célébrera son premier anniversaire au cours du week-end du 16 novembre. Un an après leurs débuts, les gilets jaunes ont évolué, et notamment les figures emblématiques des premiers temps.

Un an après la première manifestation des gilets jaunes, le 17 novembre 2018, le mouvement de contestation est toujours actif et la colère intacte. Ce week-end, l'appel à manifester pour l'anniversaire est lancé sur les Champs-Élysées. Plusieurs éléments ont néanmoins évolué, à commencer par les figures du mouvement, qui ne sont plus forcément les mêmes que celles des balbutiements. 

Éric Drouet, par exemple, a pris du recul. Sa dernière apparition en public remonte au 2 octobre dernier, il y a un mois. C'était à la "marche de la colère" des policiers, organisée à Paris, même si sa présence n'était pas forcément la bienvenue. Le chauffeur routier est resté discret, à peu répondre aux journalistes. Selon son entourage, l'homme, condamné à des amendes à plusieurs reprises, notamment pour manifestation non déclarée, prend du recul sur le mouvement et réfléchit à son avenir.

"Passer à l'étape suivante"

Jacline Mouraud, qui a lancé un parti politique baptisé Les Émergents, en janvier dernier, est désormais très critique du mouvement. Elle s'était fait connaître l'année dernière grâce à une vidéo sur les réseaux sociaux qui était devenue virale, dans laquelle elle dénonçait une "traque aux conducteurs".

"Jamais une seule seconde je n'aurais pensé que ça allait changer ma vie", raconte-t-elle a posteriori. "Il faut savoir terminer une mobilisation dans la rue pour passer à l'étape suivante. Mais là, le problème, c'est que certaines personnes sont bloquées sur la première étape."

Aujourd'hui, elle se dit victime de menaces régulières. Son activité politique est un peu floue, et se concentrerait sur les questions fiscales. À 52 ans, elle explique ne toucher que 500 euros mensuels entre cours de piano et animation de thés dansants.

L'un devenu chroniqueur, l'autre manifeste encore

Autre figure du mouvement, Maxime Nicolle, alias Fly Rider sur les réseaux sociaux, est aujourd'hui devenu chroniqueur pour un média alternatif, "QG", lancé par la journaliste Aude Lancelin. Il doit également sortir un livre, présenté comme un "droit de réponse" aux critiques médiatiques qui lui ont reproché certaines thèses complotistes et son goût pour les publications du Front National sur Facebook.

Jérôme Rodrigues, âgé de 40 ans, participe encore régulièrement aux manifestations des gilets jaunes: 

"Aujourd'hui, le Français il s'est un peu muté, il est redevenu contestataire. Plus que contestataire, il propose des idées, et c'est pas faute d'en avoir proposé pendant l'année", raconte-t-il à BFMTV.

Blessé gravement à l'œil le 26 janvier dernier lors d'une manifestation, il attend les conclusions de l'enquête de l'IGPN. Devenu symbole des violences policières, le plombier a souffert de cyberharcèlement et a fait une pause pendant l'été. Il prépare une plainte contre deux gilets jaunes qui l'attaquent régulièrement.

Municipales et engagements écologiques

Priscillia Ludosky, considérée comme l'inspiratrice des gilets jaunes avec sa pétition contre la hausse des prix du carburant, lancée plusieurs mois avant les manifestations, a quant à elle rejoint la plateforme "gilets citoyens", dédiée à la mise en place d'une convention citoyenne sur le climat. Elle s'investit en parallèle dans la lutte contre les violences policières.

Éphémère candidate aux élections européennes, agressée par des gilets jaunes, Ingrid Levavasseur, elle, ne manifeste plus, mais reste engagée. Elle garde en tête une candidature aux élections, avec cette fois les municipales en ligne de mire: elle se présente comme colistière dans sa ville de Louviers, dans l'Eure. En parallèle, elle a fondé deux associations: l'une pour aider les familles monoparentales, l'autre pour défendre des propositions sociales et écologiques.

Matthias Tesson, Sébastien Savoye, Pierre-Emmanuel Becet avec Clarisse Martin et AFP