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"Silence, ils nous tuent": une marche organisée contre les féminicides à Paris

Une marche pour dénoncer les féminicides a été organisée à Paris ce vendredi soir

Une marche pour dénoncer les féminicides a été organisée à Paris ce vendredi soir - BFMTV

Des centaines de personnes ont manifesté ce vendredi soir pour dénoncer les féminicides et "l'inaction du gouvernement" sur le sujet.

Plusieurs centaines de personnes ont participé ce vendredi soir à une marche à Paris pour dénoncer "l'inaction du gouvernement" en matière de lutte contre les féminicides, après des cas retentissants survenus ces derniers mois.

Réunies autour de pancartes "Silence, ils nous tuent", "Pas une de plus", ou "Plaintes ignorées, femmes tuées": les manifestantes - en grande majorité des femmes - ont défilé de la place du Châtelet à l'Opéra en scandant "Flics, prenez nos plaintes" ou "Justice nulle part, féminicides partout".

Hommage aux victimes

"Le fait est qu'on constate une recrudescence des féminicides ces dernières semaines, dans l'indifférence totale du gouvernement et le mépris", a dénoncé auprès de l'AFP Léa, membre de Collages féminicides Paris, un des collectifs organisateurs, réclamant "davantage de moyens pour plus de téléphones grave danger, de bracelets anti-rapprochement et des formations".

Pour elle, l'objectif de la marche était aussi "de rendre visible des survivantes et des familles de victimes", et que les femmes "se réapproprient la rue".

Annie, Gloria, Aurélie, Chahinez, anonyme septuagénaire... En tête du cortège, des militantes portaient des pancartes blanches avec les noms en lettres noires de femmes tuées en 2021 par leur compagnon ou ex, de prostituées et de femmes trans tuées.

D'autres réclamaient "grâce pour Valérie Bacot", condamnée vendredi soir à une peine symbolique pour le meurtre de son mari violent et proxénète, et ressortie libre du tribunal.

"On réclame un changement urgent dans notre société car les violences sont des choses récurrentes dans la vie des femmes. Il faut davantage de formation des professionnels sur ces sujets, de sensibilisation et d'écoute", a estimé Aurore, manifestante, professeure d'histoire-géo de 28 ans.

146 féminicides en 2019, 90 en 2020

Après le meurtre de Chahinez, une mère de trois enfants blessée par balles puis immolée par le feu dans la rue par son mari violent récidiviste, début mai à Mérignac, le gouvernement a annoncé six mesures, dont certaines déjà existantes, pour "renforcer la protection des victimes".

Depuis ce cas, qui a suscité une forte indignation, au moins une dizaine d'autres femmes ont perdu la vie ou manqué de la perdre du fait de violences conjugales, selon un décompte de l'AFP.

Stade ultime des violences subies par plus de 200.000 femmes par an, les féminicides avaient connu en 2019 une forte augmentation, avec 146 décès recensés (25 de plus qu'en 2018). En 2020 selon les chiffres du ministère de la Justice, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

F.R. avec AFP