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Retraites: plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris

Trois jours après l'offre de compromis d'Edouard Philippe de retirer, sous conditions, l'âge pivot du projet, 20.000 manifestants, selon la CGT, ont manifesté à Paris.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé ce mardi à Paris à l'appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU, au 41e jour de la mobilisation contre le projet de réforme de retraites par points.

Trois jours après l'offre de compromis d'Edouard Philippe de retirer, sous conditions, l'âge pivot du projet, les manifestants - 20.000 selon la CGT - ont marché derrière une banderole de tête: "Retraite par points: tous perdants! Retraite à 60 ans, tous gagnants! Macron, retire ton plan".

"On veut aller au bout, jusqu'au retrait."

Ils se sont élancés place de l'École militaire peu avant 14H30 pour arriver près d'une heure et demi plus tard au niveau du métro Rue du bac, avant une dispersion dans le calme.

"On veut aller au bout, jusqu'au retrait. On est encore fortement en grève. À la SNCF, il y a encore un beau bazar, avec beaucoup de trains supprimés. Les copains de la RATP tiennent bon, et il y a d'autres secteurs qui se mettent en grève, il y a des AG tous les jours", a déclaré Mathieu Bolle-Reddat, conducteur du RER C et secrétaire général de la CGT-Cheminots de Versailles. 

"On attend surtout jeudi où la manifestation sera beaucoup plus puissante et appuiera encore plus les copains qui sont en train de s'engager dans des mouvements de blocage, particulièrement dans les raffineries", a expliqué de son côté Gabriel Gaudy, secrétaire régional de FO Île-de-France.

Il a jugé "assez amusant de lire ou d'entendre ici et là que le mouvement s'essouffle". "Il suffit d'interroger les gens qui aujourd'hui dans des conditions difficiles vont à leur travail pour se rendre compte que le mouvement ne faiblit pas", a-t-il estimé.

Un compromis possible?

Le gouvernement a fait un pas ce weekend en direction des syndicats réformistes, CFDT et Unsa, qui réclamaient le retrait de la mise en place d'un âge pivot à court terme du projet de réforme des retraites. Mais il l'a assorti de l'obligation pour les partenaires sociaux de trouver des solutions alternatives pour équilibrer le régime financièrement. La future conférence de financement devra rendre ses propositions d'ici fin avril.

Un compromis que le leader de la CGT Philippe Martinez a rejeté en bloc, se disant toutefois mardi "ouvert à "une discussion sur l'équilibre du système des retraites", mais pas dans le cadre contraint proposé par le Premier ministre.

"Je pense que le dialogue est encore possible mais on voit bien que le gouvernement tient coûte que coûte à son projet de réforme", a estimé Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU (1ère fédération chez les enseignants), présent à la manifestation parisienne. "Aujourd'hui, il y a peut-être moins de grévistes, mais il ne faudrait pas croire que la réforme passe dans l'opinion. Elle continue à être contestée. Tout le monde commence à tirer la langue mais ça ne vaut absolument pas accord pour cette réforme", a-t-il ajouté.

L'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et organisations de jeunesse) a appelé à défiler jeudi 16 janvier à Paris pour la sixième grande journée d'actions interprofessionnelles depuis le début du conflit, le 5 décembre.

Cy.C avec AFP