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Rétention des notes du bac: "il a fallu cette situation extrême pour être entendus" déplore un professeur

Un étudiant regarde les résultats du baccalauréat (image d'illustration)

Un étudiant regarde les résultats du baccalauréat (image d'illustration) - Martin Bureau - AFP

Des professeurs menacent de retenir les notes du bac afin de dénoncer la réforme du lycée qui prévoit notamment la fin des séries L, S et ES, remplacées par des banques de spécialités, mais aussi le site Parcoursup ou encore la mise en place de nouvelles évaluations des professeurs.

Alors que les résultats du baccalauréat sont attendus ce vendredi 5 juillet, des professeurs menacent le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de faire de la "rétention de copies" pour protester contre la réforme du lycée. "Malheureusement, toutes les formes traditionnelles de mobilisation n'ont rien donné", explique ce mercredi Mathieu, professeur en Seine-Saint-Denis sur notre antenne.

"Nous sommes mobilisés depuis un an et demi. Nous avons essayé par tous les moyens d'alerter Jean-Michel Blanquer sur la gravité de la situation. Mais nous nous sommes systématiquement retrouvés confrontés au silence", déplore ce professeur.

"Cette décision avait été extrêmement difficile à prendre. Nous sommes les premiers face à nos élèves. Nous sommes conscients de ce que cela signifie pour eux. C'est nous qui les préparons à l'examen", a-t-il poursuivi. "Mais toutes les formes traditionnelles de mobilisation n'ont rien donné. Il a fallu arriver à cette mesure inédite et extrême pour être entendus."

La réforme du lycée dans le viseur des enseignants

Dans le viseur de ces enseignants: la réforme du lycée qui prévoit notamment la fin des séries L, S et ES, remplacées par des banques de spécialités, le site Parcoursup ou encore la mise en place de nouvelles évaluations des professeurs. 

"Ce projet global mis en place par le ministre a trois objectifs très clairs" selon Mathieu. Et de liste: "le premier, c'est le tri social. Ces réformes ne permettront pas de revenir sur les inégalités, déjà criantes, dans l'Education nationale. Au contraire, elles ne feront que les renforcer. Le deuxième, c'est la dégradation du service public d'éducation au profit des dispositifs privés. Le troisième, c'est la mise au pas des enseignants."

Des retenues de salaire

Invité ce mercredi soir sur notre antenne, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a tenu à rassurer les parents, affirmant que "tous les élèves" auraient leurs résultats vendredi, comme prévu initialement. Il a par ailleurs affirmé que les professeurs impliqués dans ce mouvement seraient soumis à des retenues de salaire. 

"Ceux dans cette situation sont considérés comme des grévistes à partir du jour où ils ont reçu les copies jusqu'à maintenant. Cela correspond à un retrait de salaire de dix jours et c'est dissuasif. Plusieurs dizaines de milliers de copies sont revenues aujourd'hui, et les professeurs ont jusqu'à demain (jeudi) pour le faire", a-t-il prévenu.
Cyrielle Cabot