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Rémi Fraisse: la police évacue le campement écologiste de Rouen

Evacuation du campement cette nuit à Rouen.

Evacuation du campement cette nuit à Rouen. - BFMTV

Le campement "zadiste" érigé en plein centre-ville de Rouen en mémoire de Rémi Fraisse a été évacué dans la nuit de jeudi à vendredi. L'opération s'est déroulée rapidement et sans incident.

Les forces de l'ordre ont évacué vendredi vers 4h30 du matin le campement qu'une centaine de militants écologistes avaient installé depuis mardi soir, dans le centre de Rouen à la mémoire de Rémi Fraisse.

Les policiers venus à bord de plus d'une vingtaine de cars de CRS ont poussé les occupants hors du camp et commencé à le démanteler, en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Ils appliquaient une ordonnance en référé d'évacuation à la demande de la mairie socialiste de Rouen, rendu la veille par le président du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Rouen.

L'opération s'est déroulée très rapidement, les manifestants n'opposant pas de résistance. Mais selon les dires des militants, l'opération a été assez brutale: "Les trois sommations ont été faites très rapidement, puis ils nous ont refoulés à coups de pieds, à coups de matraques et avec des insultes", a témoigné Mathieu, prénom que donnaient beaucoup de militants quand ils parlaient à la presse. "J'ai remarqué qu'ils frappaient les femmes et qu'ils donnaient de grands coups de pieds dans les tentes sans se préoccuper s'il y avait quelqu'un à l'intérieur", a témoigné un autre militant.

Une ZAD en plein centre-ville

Au nombre d'environ une centaine, des jeunes hommes et femmes, de différentes mouvances écologistes et anarchistes, ils s'étaient regroupés et scandaient "pas de violence", "pacifistes", ou "tous ensemble ouais".

Les protestataires avaient érigé rapidement leur ZAD ("zone à défendre") mardi soir à l'issue d'un rassemblement à Rouen, à la mémoire du jeune botaniste, tué par l'explosion d'une grenade lancée par un gendarme le 26 octobre, lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn.

Il n'y a pas eu apparemment d'interpellations, à l'exception d'un militant qui s'était installé en haut d'un arbre. Une unité spéciale des pompiers est venue le déloger.

"Nous ne revendiquons rien"

Ils s'étaient installés sur la place Foch, une petite place le long de la rue Jeanne d'Arc, grande artère de la ville, en face d'une aile du palais de justice.

Le campement comprenait une douzaine de tentes, une cabane et des stands construits avec des palettes et du carton, et un "salon de discussion" avec canapés. Un manifestant s'était installé la dernière nuit en haut d'un arbre.

Bien visibles, ils invitaient la population à engager le dialogue sur les "violences policières", servaient des boissons chaudes et proposaient un peu de nourriture. "Nous ne revendiquons rien: c'est la possibilité même de lutter et d'envisager d'autres futurs qui est en jeu", proclamaient leurs tracts.

Les manifestants s'attendaient à être délogés mais n'ont pas voulu partir d'eux mêmes, bien qu'avertis par des représentants de la mairie que leur évacuation avait été réclamée. "Nous resterons ensemble et nous attendrons le dernier moment pour partir" avait indiqué un militant ayant requis l'anonymat.

D. N. avec AFP