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Pédophilie dans l'Eglise: la défense très politique de l'avocat de Barbarin

Face au scandale qui s’amplifie dans le diocèse de Lyon, l’avocat du cardinal Barbarin passe à l’offensive. Il accuse certaines victimes présumées, dont un haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, de vouloir déstabiliser le prélat.

Rattrapé par plusieurs affaires du passé, le cardinal Barbarin refuse de démissionner. Plusieurs victimes de pédophilie au sein de l'Eglise l'accusent d'avoir fermé les yeux sur ces faits, ce qu'il récuse fermement. L'archevêque de Lyon admet en revanche avoir nommé dans son diocèse en 2008 un prêtre condamné un an avant pour agressions sexuelles sur des étudiants.

Autant de faits que son avocat, Me André Soulier, qui n'a eu accès à aucune des plaintes déposées, balaie d'un revers de la main. Selon lui, son client est victime de mauvaises intentions.

"Chaque jour, on veut nous inventer quelque chose, ça finit par être un refrain. Je trouve que le tour pris par cette affaire est inquiétant: on accuse sans preuve, on vous somme de vous expliquer le soir même, ça n'est plus acceptable", tempête le conseil, interrogé par BFMTV.

"Une entreprise de déstabilisation délibérée"

Me André Soulier va plus loin dans sa charge. Lundi, un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur a révélé dans les colonnes du Figaro avoir porté plainte contre le prélat pour mise en danger de la vie d'autrui, après avoir été victime d'attouchements par un prêtre lyonnais en 1990. Lorsqu'il avait porté les faits à la connaissance du cardinal Barbarin, des années plus tard, celui-ci avait admis être "déjà parfaitement au courant". L'avocat du prélat voit pourtant dans cette plainte une manoeuvre... politique.

"Je pense que désormais, il y a une entreprise de déstabilisation délibérée de la part d’un petit groupe d’hommes. C’est parfaitement inacceptable. C’est contraire au droit."

Il révèle l'identité de la victime

Et Me Soulier, joint par BFMTV.com, de poursuivre l'interview en donnant le nom de ce témoin âgé de 42 ans aujourd'hui, qui souhaite pourtant garder l'anonymat (BFMTV ne diffusera pas son nom, ndlr).

"Je demande à ce que ce monsieur veuille bien confirmer publiquement ses dires, sans cacher son identité. J'ai de la compassion pour les victimes reconnues par la justice, et avec qui on peut parler directement. Là, une personne anonyme accuse le cardinal, le traîne dans la boue, mais refuse de donner son nom publiquement? C'est une entreprise de démolition, voilà tout, et je n'y céderai pas."

A. Gonzalez I vidéo : T. Cheminand, J. Van Aelst, J. Bonnard