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Le lycée privé parisien accusé de dérives sectaires sera inspecté

L'entrée du collège-lycée privé Gerson situé dans le 16e arrondissement de Paris

L'entrée du collège-lycée privé Gerson situé dans le 16e arrondissement de Paris - -

Le ministre de l’éducation Benoît Hamon a réclamé une inspection. Lundi, des élèves et enseignants avaient dénoncé des dérives intégristes dans leur établissement.

Les filles qui prennent la pilule, des "semi-meurtières"? et l'avortement, un "homicide volontaire"? Un établissement catholique privé parisien, accusé de dérives sectaires, sera soumis à une inspection, réclamée par le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, a-t-on appris mardi auprès du ministère.

La Mairie de Paris a réclamé mardi l'ouverture d'une enquête administrative, dénonçant "une guerre idéologique d'un autre temps" imposée aux élèves du groupe scolaire Gerson. "Une mission d'inspection générale a été diligentée par le ministre, qui aura pour objet de faire toute la lumière sur l'affaire", a déclaré le ministère de l'Education nationale.

Lundi, des élèves et enseignants avaient dénoncé des dérives intégristes dans leur établissement situé dans le XVIè arrondissement, notamment pendant les cours de catéchèse.

Des représentants de l'association Alliance Vita, proche de la Manif pour tous, auraient qualifié de "semi-meurtrières" les jeunes filles ayant recours à la pilule du lendemain et assimilé l'avortement à un "homicide volontaire" pendant une intervention en classe sur la contraception, selon des élèves.

L'association dément

L'association Alliance Vita créée par Christine Boutin a démenti avoir tenu ces propos, dénonçant "le mensonge, la calomnie et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail". Selon un parent d'élève, plusieurs associations "proches de l'Opus Dei" ont été invitées à intervenir dans cet établissement, sans qu'ils en soient informés.

"Clairement, on veut faire de cette école un établissement Opus Dei et faire partir ceux qui s'y opposeraient", selon le syndicat de l'enseignement catholique, FEP-CFDT Paris. "On ne veut pas d'enfants non baptisés, ni d'enfants issus de familles recomposées, de parents séparés ou de familles monoparentales, ni de Juifs", a ajouté Valérie Ginet, secrétaire générale du syndicat.

Selon le FEP-CFDT Paris, plusieurs professeurs et personnels de l'administration se sont également plaints de harcèlement, une vingtaine ayant demandé leur mutation.

Deux enseignants membres de l'Opus Dei

"J'ai préféré quitter mon poste pour ne plus subir les pressions. Le harcèlement dans l'établissement prend toutes les formes: appels toutes les deux heures pour savoir où on est, insultes, chantage", a témoigné une ancienne employée de l'établissement.

Lundi dans un communiqué, l'Opus Dei a ouvertement reconnu que deux enseignants employés dans l'établissement faisaient partie de leur communauté "mais cela n'a aucune incidence sur leur activité professionnelle". "Ce type d'engagement privé n'interfère pas en quoi que ce soit dans le projet éducatif et dans l'enseignement dispensé dans notre établissement", a confirmé dans un communiqué le chef d'établissement M. Philippe Person.

L'établissement privé sous contrat avec l'Etat rassemble une école primaire, un collège et un lycée. Selon le ministère, l'inspection devra aussi déterminer "dans quelle mesure ce qui relève de l'éducation nationale dans le respect du contrat souscrit avec l'Etat (...) est respecté".

H.F. et A. D. avec AFP