BFMTV

Gleeden attaqué en justice par des associations catholiques

Gleeden revendique un million de membres en France.

Gleeden revendique un million de membres en France. - Loic Venance - AFP

Les Associations familiales catholiques ont assigné Gleeden devant le tribunal de Paris pour contester sa légalité. Elles accusent le site spécialisé dans les aventures extra-conjugales de promouvoir l'infidélité et de briser des familles.

Les catholiques conservateurs entrent en croisade contre l'infidélité. Les Associations familiales catholiques (AFC) ont décidé d'assigner devant le tribunal de grande instance de Paris la société éditrice de Gleeden, Black Divine, pour "contester la légalité du site et de ses communications publicitaires".

Derrière cette procédure se cache en réalité, pour les catholiques, une tentative de défendre les valeurs familiales. Ces derniers considèrent que le site spécialisé dans les aventures extraconjugales fait la promotion de l'adultère et ce en dépit du Code civil. Gleeden, en facilitant "l'adultère", fait "la promotion publique de la duplicité, du mensonge et de la violation de la loi", développe les AFC.

"Des drames familiaux"

Si l'infidélité n'est plus une faute pénale depuis 1975, l'article 212 du Code civil dispose que "les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance", expose Me Henri de Beauregard, l'avocat des associations catholiques. "La convention entre le site et ses membres est irrégulière car basée sur la promotion de comportements illicites", les rencontres extraconjugales, estime Me de Beauregard.

De cette illégalité découlerait également une atteinte à la morale et à la famille."Derrière l'infidélité, il y a des enfants, des familles brisées, des drames familiaux", prévient l'avocat.

Une campagne publicitaire retirée

Les catholiques conservateurs peuvent déjà se satisfaire d'une première victoire obtenu la semaine dernière avec le retrait dans certaines villes d'une campagne d'affichage de Gleeden sur des bus. La publicité évoquait la tentation de Eve avec une pomme croquée et le slogan "Le 1er site de rencontres extraconjugales".

Alors qu'une pétition pour dénoncer cette campagne publicitaire a recueilli plus de 20.000 signatures sur le site CitizenGo et face à l'afflux de mails mécontents, les réseaux de bus Transdev et Keolis qui opèrent en région parisienne ont décidé de supprimer les affiches dans certaines villes comme Versailles, Poissy, Rambouillet dans les Yvelines ou Sèvres dans les Hauts-de-Seine. La RATP, elle, avait elle opposé une fin de non-recevoir à cette demande. 

"On n'oblige personne"

"Ces publicités posaient un certain nombre de problèmes à une partie de la population, notamment des catholiques pratiquants les plus attachés aux valeurs familiales", avance la municipalité de Versailles. A Rambouillet, c'est le maire UMP Marc Robert qui a pris les devants: alerté par des habitants, il a écrit à Transdev pour "lui demander de faire le nécessaire", au nom des "valeurs républicaines" et de la "morale.

De son côté, Gleeden, qui revendique plus d'un million de membres en France, a dénoncé une "censure" après la décisions des réseaux de bus, approuvée par les municipalités. "On ne comprend pas ces réactions exagérées, d'autant que nous communiquons depuis cinq ans. La campagne comportait un message très neutre et n'avait rien de choquant", s'insurge Solène Paillet, porte-parole du site. Gleeden estime être dans son bon droit, les publicités ayant été validées par le Jury de déontologie publicitaire et Média transports, une des régies publicitaires des transports en Europe. "On n'oblige personne, c'est un service qu'on rend", conclue le site.

J.C. avec AFP