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"Du jamais-vu": l'Église catholique a perdu 90 millions d'euros durant les confinements

Église à Paris décembre 2020 - Image d'illustration

Église à Paris décembre 2020 - Image d'illustration - BFMTV

"Les quêtes on les a aux cérémonies du dimanche essentiellement, ainsi qu'aux obsèques, aux baptêmes, aux mariages", autant d'événements contrariés par la pandémie cette année.

L'Église dit avoir perdu 30 à 40% de ses ressources pendant les deux confinements successifs en 2020. "L'ampleur de choc s'estime à 90 millions d'euros", écrit l'Église catholique de France, rappelant qu'elle "ne vit que des dons". Le clergé en appelle donc aux fidèles, dans une campagne pour le denier nommée "Merci".

"Les quêtes on les a aux cérémonies du dimanche essentiellement, ainsi qu'aux obsèques, aux baptêmes, aux mariages", explique sur BFMTV le Père Antoine d'Eudeville, curé de la paroisse Notre-Dame-des-Champs (Paris). Mais "pendant 14 semaines de l'année on n'a pas pu célébrer comme d'ordinaire". "Ça représente un tiers de l'activité en moins, à peu près 40 à 50.000 euros de recettes en moins" pour cette seule structure, détaille-t-il.

"C'est du jamais-vu"

Selon les chiffres de l'Église catholique, dans les paroisses est constaté un recul des ressources de 30 à 40 %, dans les sanctuaires de 70 à 80 %. La perte est par exemple estimée à 4,5 millions d'euros dans les Hauts-de-France.

"C'est du jamais-vu, c'est exceptionnel, comme cette pandémie", déclarait jeudi sur BFM Lille Jean-François Delaby, économe du diocède de Lille. "On est à peu près sur 16 dimanches de non-célébration, ce qui fait que nos quêtes ont fortement diminué".

L'Église catholique explique qu'une baisse de 1,6% sur l'ensemble des ressources avait déjà été constatée en 2019, malgré un montant moyen du don en hausse.

Les cérémonies toujours limitées

Le Père Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la conférence des évêques de France, s'est dit sur BFMTV "très confiant" pour l'avenir, espérant ne pas avoir "à réduire les activités, et éventuellement regrouper des paroisses". Il craint aussi ne pas pouvoir "renouveler des contrats de laïques qui sont mobilisés pour les pèlerinages ou pour les sacristies d'Églises".

Depuis le 3 décembre, les cérémonies dans les lieux de culte peuvent rassembler plus de 30 personnes, mais de nouvelles règles ont été fixées: deux sièges doivent rester libres entre chaque personne ou entité familiale et une rangée sur deux doit rester inoccupée dans les églises, temples, mosquées et synagogues du pays.

Ces jauges, devaient être revues à la hausse le 15 décembre, mais les indicateurs du Covid-19 ne s'améliorant pas, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les règles ne bougeaient pas pour le moment.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV