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Charlie Hebdo: des religieux jugent l'éditorial de Riss "violent et insultant"

La une de Charlie Hebdo du mercredi 6 janvier

La une de Charlie Hebdo du mercredi 6 janvier - BFMTV

Des responsables musulmans et catholiques ont regretté sur BFMTV la une de l'hebdomadaire comme l'éditorial de Riss qui met les religions dans le même panier que les terroristes, selon eux. De quoi raviver des tensions avant les commémorations de la fin de semaine?

En couchant un Dieu multiconfessionnel et assassin à la une du numéro de Charlie Hebdo, un an après les attentats contre le journal, l'Hyper cacher de la porte de Vincennes, l'hebdomadaire satirique devrait une nouvelle fois susciter des réactions mitigées et même des critiques virulentes. Outre le dessin signé Riss, c'est l'éditorial du directeur de la publication qui passe mal.

Ce texte "c’est quand même très violent et très insultant à l’égard des religions", regrette Abdallah Zekri sur BFMTV, le président de l'Observatoire contre l’Islamophobie.

Le dessinateur Riss y défend notamment la laïcité contre les "fanatiques abrutis par le Coran" et "culs-bénits venus d'autres religions" qui avaient souhaité la mort du journal pour "oser rire du religieux". "Les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants", dit-il.

"Parmi ces morts, il y a eu des croyants"

"Dire que les religions voulaient la mort du journal, cela ne veut rien dire. C’est quoi les religions? Ce sont des personnes et personne ne réclamait la mort du journal. J’aurais tendance à traiter cet éditorial par l’indifférence", commente pour sa part Monseigneur Di Falco, évêque de Gap.

De son côté, l'Abbé Amar, du diocèse de Versailles explique que "parmi ces morts (des attentats de janvier) il y a eu des croyants qui ont été enterrés dans (des) églises. Les familles des victimes vont être insultées quand ils vont voir cette caricature. Je ne comprends pas, je suis abasourdi".

Et déjà certaines répercussions sont à prévoir alors que les commémorations vont se multiplier de jeudi à dimanche. "Nous sommes réunis avec les différentes communautés religieuses pour les vœux et nous voulions organiser quelque chose pour le 7 janvier à la mémoire des victimes, explique Abdallah Zekri. Je peux vous avouer que je ne ferai rien du tout dans la mesure où je me sens franchement attaqué". 

S.A.