BFMTV

Cérémonies religieuses à 30 personnes: les avocats de la Conférence des évêques de France dénoncent une mesure "discriminatoire"

Une messe célébrée le 23 mai 2020 en l'église Saint Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine

Une messe célébrée le 23 mai 2020 en l'église Saint Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Les commerces "non essentiels" ont rouvert leurs portes ce samedi mais le gouvernement a maintenu la jauge limitant la participation aux cérémonies religieuses à 30 personnes

Les avocats de la Conférence des évêques de France (CEF) ont dénoncé ce samedi devant le Conseil d'Etat la limitation à 30 du nombre de personnes pouvant assister aux cérémonies religieuses estimant qu'il s'agissait d'une mesure "non nécessaire, disproportionnée et discriminatoire".

"La liberté du commerce et de l'industrie et la liberté de culte ne sont pas garanties de la même manière", a déploré Me Guillaume Valdelievre, avocat au Conseil d'Etat représentant la CEF.

Les commerces "non essentiels" ont rouvert leurs portes ce samedi mais le gouvernement a maintenu la jauge limitant la participation aux cérémonies religieuses à 30 personnes alors que les catholiques célèbrent ce week-end le premier dimanche de l'Avent.

La taille des lieux de culte pas prise en compte

"L'interdiction des cérémonies religieuses de plus de 30 personnes dans les lieux de culte est manifestement disproportionnée en ce qu'elle ne prend pas en compte la taille des édifices religieux", a fait remarquer de son côté Me Antoine Delvolvé, un autre avocat du Conseil d'Etat pour le compte du diocèse de Paris.

"La Fnac des Ternes (à Paris) a mis un panneau: 'Vous pouvez être 604 dans le magasin'. Or (ce magasin) est plus petit que Saint-Sulpice. Voilà une discrimination qui saute aux yeux", a-t-il affirmé. "Si Saint-Sulpice avec ses 6.170 m2 ne peut accueillir que 30 personnes cela fait 205 m2 par personne alors qu'on est à 8 m2 pour les commerçants", a indiqué pour sa part Franck Bouscau, représentant de l'association Civitas.

Selon Jean-Benoît Harel, président de l'association "Pour la messe", la décision de limiter à 30 le nombre de personnes assistant aux offices "n'a pas de fondement scientifique".

Pascale Leglise, représentante du ministère de l'Intérieur, a tenté de désamorcer ces critiques. La France n'est "pas la seule" à avoir pris ce type de mesure. Elle a nié toute "stigmatisation" des croyants de la part du gouvernement français.

Comparer la situation des commerces et des lieux de culte n'est pas pertinent, a-t-elle également souligné. "Dans un magasin, les gens passent, ne se parlent pas, ne restent pas assis les uns à côté des autres", a-t-elle fait remarquer en notant que les théâtres, les cinémas, les bars et restaurants demeuraient fermés.

Multiplier les messes?

"30 personnes (dans un lieu de culte) ce n'est pas beaucoup", a-t-elle admis mais, a-t-elle ajouté, "on peut faire plus de messes pas seulement le dimanche matin".

Le président l'interroge. "Pourquoi ce chiffre de 30 personnes?" sans obtenir de réponse. "Pourquoi la 31e personne ne rentre pas?", insiste le président. "Par rapport à d'autres activités, les lieux de cultes sont ouverts alors que par exemple les facs continuent d'être fermées", répond la représentante du ministère.

La décision du Conseil d'Etat est attendue "d'ici ce soir (samedi) un peu tard ou demain (dimanche) un peu tôt", a conclu le président.ce

Cy.C avec AFP