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Canonisation de Mère Teresa: comment on devient un saint

Mère Teresa avait été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003.

Mère Teresa avait été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003. - Dibyangshu Sarkar - AFP

Le pape François a ouvert la voie vendredi à la canonisation de Mère Teresa, qui a consacré sa vie aux pauvres en Inde. Mais avant d’accéder à la sainteté, l’Eglise catholique impose une procédure longue et stricte.

Mère Teresa sera bientôt reconnue sainte. Le Pape François a en effet signé un décret reconnaissant un deuxième miracle à la religieuse décédée en 1997. Par cet acte, le chef de l’Eglise catholique a ouvert la voie à la canonisation de Mère Teresa. Une canonisation qui devrait avoir lieu officiellement en septembre 2016. Mère Teresa avait rejoint l’Inde à l’âge de 18 ans comme religieuse pour se consacrer aux pauvres et avait fondé sa propre congrégation, les Missionnaires de la charité. Près de vingt ans après sa mort, elle accèdera bientôt à la sainteté après l’application d’une procédure canonique en plusieurs étapes.

>Le préalable de la béatification

Avant de pouvoir devenir sainte, la personne doit avoir été béatifiée. Il s’agit d’un acte solennel par lequel le pape reconnaît qu’une personne a mené sa vie en pratiquant sa foi chrétienne d’une manière exemplaire, voire héroïque. Pour accéder à la béatification, une enquête suivie d’un procès est menée pour rassembler les preuves de la "certitude morale" du futur bienheureux. Il faut également qu’un miracle pendant la vie ou après la mort de la personne soit recensé, exception faite des martyrs qui en sont dispensés.

Mère Teresa est devenue bienheureuse en 2003, au cours d’une cérémonie présidée par Jean-Paul II, et qui avait rassemblé 300.000 fidèles à Rome. Sa béatification avait pu avoir lieu après la reconnaissance d’un miracle. En 2002, le Vatican avait en effet attribué à la religieuse la guérison de Monika Besra, une Indienne atteinte d’une tumeur à l’estomac.

>Un deuxième miracle pour être canonisé

La canonisation équivaut dans l’Eglise catholique à la reconnaissance officielle du fait qu’une personne est au paradis. La personne déclarée sainte a atteint un niveau de perfection durant sa vie chrétienne. Une nouvelle enquête et un procès ont lieu, avec l’exigence d’un deuxième miracle qui cette fois-ci est obligatoire, même pour les martyrs. En 2014, le pape François avait toutefois dispensé de deuxième miracle le pontife Jean XIII, canonisé en même temps que Jean-Paul II.

Mère Teresa a quant à elle un deuxième miracle à son actif. L’archevêque de Calcutta a annoncé avoir reconnu que la religieuse, par son intercession, avait obtenu la guérison d’un Brésilien souffrant de multiples tumeurs au cerveau en 2008. Le "procès" canonique mené pour sa béatification a aussi permis de révéler, à travers des extraits poignants de sa correspondance personnelle, que Mère Teresa avait souffert dans sa foi pendant la majeure partie de sa vie, allant même jusqu'à douter parfois de l'existence de Dieu.

Mère Teresa a eu également ses détracteurs, qui lui ont reproché d'avoir failli à son engagement en faveur des pauvres en se montrant peu regardante sur l'origine des donations qui lui étaient faites et en maintenant une opposition farouche à la contraception comme à l'avortement.

Carole Blanchard avec AFP