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56% des Français ont une mauvaise image de l'Eglise catholique

Une majorité de Français a une mauvaise image de l'Église catholique, selon un sondage réalisé après les récentes polémiques sur les affaires de pédophilie.

"Trop conservatrice" pour 83% des Français, et "pas transparente" pour 81% d'entre eux: le jugement est sans appel. Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd'hui en France publié ce dimanche, les Français sont une majorité à avoir une opinion négative de l'Eglise catholique, après la révélation de nouvelles affaires de pédophilie par des prêtres.

Quelque 63% des sondés estiment que le cardinal Barbarin, accusé par plusieurs victimes d'avoir tu les agissements pédophiles de prêtres de son diocèse de Lyon, devrait démissionner. Une position partagée au sein même du gouvernement par Juliette Méadel, secrétaire d'Etat de l'aide aux victimes.

En revanche, 62% des catholiques réellement pratiquants, c'est à dire déclarant aller à la messe "une fois par mois" ou "au moins de temps en temps", sont favorables à ce qu'il reste à son poste. Lui pour l'instant n'envisage pas de démissionner, et se dit innocent des faits dont on l'accuse.

L'Eglise attendue sur des thèmes comme l'exclusion

Dans ce sondage, l'Église apparaît à la fois "très/trop conservatrice" (83%), "trop éloignée du quotidien des Français" (64%) et "pas transparente" (81%). Pour les Français, l'Église est globalement à sa place quant à son intervention actuelle dans les débats agitant la société française, mais ils souhaiteraient tout de même moins l'entendre sur les questions de morale sexuelle, comme le mariage pour tous, et plus l'entendre sur les questions liées à la lutte contre l'exclusion ou à l'environnement.

Les Français comme les catholiques pratiquants seraient très favorables à ce que l'Église s'engage dans des réformes importantes, y compris sur la pilule (88% de l'ensemble et 78% des pratiquants), le préservatif (84% et 80% des pratiquants) ou le mariage des prêtres (86% et 76% des pratiquants).

Ce sondage a été réalisé les 17 et 18 mars par internet auprès d'un échantillon de 1.016 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

A. G. avec AFP