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Pourquoi trois régions, qui remplissent tous les critères pour passer en vert, sont toujours rouges

Trois régions françaises, le Grand-Est, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté, respectent désormais tous les critères imposés par les autorités sanitaires pour passer en zone verte. Alors pourquoi celles-ci sont en rouge depuis le 11 mai? Santé Publique France, contacté par BFMTV, reconnaît se baser sur de nouveaux indicateurs depuis la fin du confinement pour établir sa surveillance.

Sur la dernière carte épidémiologique publiée par Santé Publique France le 11 mai dernier, 32 départements étaient placés en zone rouge et 69 en zone verte. Or depuis le 11 mai, cette carte initialement dévoilée quotidiennement, n'a pas changé d'allure. En plus d'une semaine, l'état des choses a pourtant largement changé sur le territoire national, avec notamment la découverte de 25 nouveaux clusters en fin de semaine dernière.

Selon nos informations, plusieurs régions telles que le Grand-Est, les Hauts-de-France, et la Bourgogne-Franche-Comté respectent désormais tous les critères établis pour être classées vertes: à savoir respecter un taux de propagation de l'épidémie inférieur à 6%, un taux d'occupation des lits en réanimation inférieur à 60%, et être en capacité de tester la population au moyen de tests PCR. Pourtant, ces trois régions se trouvent toujours en zone rouge, où les restrictions liées au confinement demeurent strictes

Trois régions prêtes à passer en vert

Santé Publique France, contacté par BFMTV, confirme en effet que toutes les régions françaises remplissent le premier indicateur. Elles sont en effet toutes en mesure de réaliser des tests de dépistage du virus. Ce premier impératif est donc respecté par l'ensemble du territoire.

Le deuxième critère nécessaire pour être classé en zone verte est d'avoir un taux de personnes se présentant aux urgences pour une suspicion de Covid inférieur à 6%. Or selon les données communiquées par Santé Publique France depuis le début de la semaine, ce taux s'établit à 3,74% dans la région Grand-Est: celle-ci se trouve donc bien sous la barre des 6% imposés. Tout comme les Hauts-de-France, où le taux de personnes aux urgences pour une suspicion de Covid-19 ne s'établit "qu"'à 1,51%, ou encore la Bourgogne-Franche-Comté où le taux est à 2,12%.

Enfin, le troisième critère concerne le taux d'occupation des lits en réanimation par des patients dits "Covid", qui doit être de 60% minimum pour être en zone verte. Encore une fois, selon les données de Santé Publique France, ce taux s'établit à 48% dans le Grand-Est. La région pourrait donc logiquement passer en zone verte. Même constat dans les Hauts-de-France, où ce taux d'occupation s'élève à 38%, et en Bourgogne-France-Comté, où ce taux est de 36%. Bien loin, donc, de la barre des 60% imposée par les autorités sanitaires.

De nouveaux indicateurs non-officiels

Mais la direction générale de la Santé, contactée par BFMTV, explique qu'en réalité, de nouveaux critères entrent désormais en jeu dans le classement des départements en zone rouge ou verte, comme le taux de dépistages positifs au sein de la population. Des chiffres non-officiels qui permettent aux autorités de santé d'établir le niveau de circulation du virus dans une zone, et auxquels les journalistes n'ont pas accès. Ces critères, qui sont en train d'être consolidés actuellement, sont observés "de très près" par les autorités sanitaires. Ces indicateurs sont en cours d’analyse pour savoir s’ils sont pertinents sur le long-terme, et s’ils peuvent être appliqués.

Lors de sa présentation de la dernière carte connue le 8 mai dernier, la direction générale de la Santé annonçait qu'elle ne dévoilerait plus de carte quotidiennement. Mais elle prévenait aussi, à cette occasion, que le suivi des données serait "renforcé de nouveaux indicateurs à partir de la sortie du confinement".

C’est la raison pour laquelle il n’y aura pas de nouvelle carte des départements d'ici le 2 juin prochain. Aucun département ne devrait donc repasser en vert d'ici l'ouverture de la deuxième phase de déconfinement.

Alexandra Gonzalez avec Jeanne Bulant