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Société

Pour protester contre la loi Blanquer, des professeurs menacent de faire grève le premier jour du bac

Y a-t-il menace sur le baccalauréat? Opposés à la loi Blanquer, des professeurs de lycée appellent à la grève de la surveillance le premier jour de l’épreuve, le 17 juin.

Pas de professeurs pour surveiller les premières épreuves du bac, la philo et le français. C’est la menace de certains syndicats d'enseignants, une "modalité exceptionnelle", souligne auprès de l'AFP Frédérique Rolet, secrétaire générale-FSU, précisant que le dernier appel à la grève pour des épreuves de bac date d'il y a 15 ans.

"Si on en arrive là, c'est que la situation est très grave. Les réformes du bac et du lycée posent de gros problèmes, on a des suppressions de postes et rien ne se passe côté négociations salariales. On a un ministre de l'Education qui n'écoute pas", tance-t-elle.

"Nous sommes très en colère"

Décider de perturber les épreuves du bac est cependant difficile pour les enseignants, reconnaît Frédérique Rolet. "Les professeurs travaillent toute l'année en vue de ce bac. Mais nous sommes très en colère, et puis rappelons-nous que le bac lui-même est menacé", avec la réforme de cet examen qui ramène à quatre les épreuves écrites de fin d'année de Terminale.

Les professeurs sont nombreux à vouloir faire entendre leurs revendications. D'après une consultation interne menée par le syndicat national des enseignants du second degré à laquelle 12% des adhérents ont répondu, plus de trois quarts d'entre eux sont favorables à cette grève. Et d'autres syndicats rejoignent le mouvement, exaspérés par la réforme du lycée et du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer.

"On veut une revalorisation des salaires, le retrait des lois Blanquer et fonction publique et de la réforme des travaux du lycée", scande sur notre antenne Jean-Rémi Girard, enseignant. "Nous nous battons pour notre métier mais aussi pour nos élèves, c’est le cœur de notre travail de les former, de les aider et de les faire avancer", ajoute un membre des Stylos rouges.

Des blocages pour le brevet?

Selon Frédérique Rollet, les académies "les plus impliquées" sont celles de Montpellier, Toulouse et Créteil.

"L’administration va devoir prendre ses précautions pour convoquer un nombre de surveillants plus important et faire appel aux non-grévistes", avertit-elle.

Des dissensions se font toutefois ressentir au sein même du corps enseignant. "On espère que les syndicats sauront au dernier moment modifier leur mot d’ordre", tempère Bruno Bobkiewicz, proviseur du lycée Paul Eluard à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.

L’entourage du ministre de l'Education nationale assure suivre avec attention ce mouvement et appelle à la responsabilité, en ne prenant pas en otages les élèves. Outre le bac, la première journée du brevet est elle aussi menacée, le 27 juin.

Ambre Lepoivre