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Pavés arrachés: ce qu'il s'est vraiment passé sur les Champs-Elysées

Les Champs-Elysées filmés sur BFMTV le dimanche 25 novembre au matin, au lendemain des violences en marge de la manifestation des gilets jaunes.

Les Champs-Elysées filmés sur BFMTV le dimanche 25 novembre au matin, au lendemain des violences en marge de la manifestation des gilets jaunes. - BFMTV

Après le duplex d'un de nos journalistes dimanche 25 novembre au matin, sur les Champs-Elysées, notre chaîne est accusée d'avoir diffusé une fausse information. Voici ce qu'il s'est réellement passé au lendemain des violences en marge de la manifestation des gilets jaunes.

Dimanche 25 novembre, BFMTV était présente dès le début de matinée sur les Champs-Elysées pour filmer les stigmates de la manifestation des gilets jaunes de la veille, émaillée de violences.

Notre envoyé spécial, Barthélémy Bolo, journaliste à BFM Paris, a réalisé plusieurs duplex dès 6 heures du matin, à la fois pour les chaînes BFMTV et BFM Paris, dont l'objectif était de montrer l'étendue des dégâts.

Barrières de chantier, mobilier urbain endommagé, carcasses de scooters: les images diffusées en direct montraient des barricades de débris, pour certains calcinés, dressées par les manifestants la veille lors de leur affrontement avec les forces de l'ordre. Le second plan des images montrait les camions de nettoyage à l'oeuvre pour remettre les Champs-Elysées en état. 

Pavés manquants

Lors de certains de ces duplex, notre journaliste a également montré une large zone dépourvue de pavés, qu'il a présenté comme des pavés arrachés par les manifestants pour les lancer sur les policiers. Or, plusieurs internautes ont réagi à cette séquence, en signalant que les pavés étaient déjà manquants à cet endroit avant la manifestation de samedi, en raison de l'existence d'un chantier pour une future piste cyclable.

De fait, des pavés ont été enlevés par des manifestants, mais en effet la zone avait été largement dépavée par les travaux sur la piste cyclable. Des images tournées et diffusées en direct sur BFMTV le 24 novembre montraient bel et bien des manifestants arracher des pavés à cet endroit, à l'aide de piquets et de pieds-de-biche, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

Insultes et menaces sur les réseaux sociaux

Pendant les heures qui ont suivi la diffusion de ces images, BFMTV et Barthélémy Bolo ont été ciblés sur les réseaux sociaux par plusieurs accusations de faire circuler de fausses informations, reprochant à notre chaîne d'accuser à tort les manifestants de ces dégradations.

Interpellé à de très nombreuses reprises sur Twitter, Barthélémy Bolo a reconnu son erreur dès le lundi 26 novembre au matin, expliquant avoir été induit en erreur par les images du samedi, et reconnaissant que des pavés manquaient déjà avant la manifestation du 24 novembre. Notre journaliste a présenté ses excuses par le biais du réseau social. 

"Samedi 24 novembre, nous avions diffusé des images montrant des gens retirant des pavés sur ce chantier. Quand je suis arrivé sur les Champs-Elysées très tôt dimanche matin, j'ai trouvé ces zones sans pavés, et j'ai pensé qu'ils avaient tous été retirés par les manifestants. A ce moment-là, sur les Champs, il y avait des montagnes de débris sur les barricades dressées la veille. La seule trace qu'il restait du chantier, c'était les blocs de bétons. Je n'ai pas compris à ce moment-là. Ce n'est que plus tard que j'ai compris mon erreur", détaille Barthélémy Bolo.

Depuis cette séquence, notre journaliste est visé par une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux, et reçoit insultes et menaces. Barthélémy Bolo et BFMTV ont décidé de saisir un avocat et de porter plainte. 

La facture des dégâts sur les Champs-Elysées est estimée à plusieurs centaines de milliers d'euros, selon le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire, qui a réagi à ces dégradations lundi matin sur BFMTV. Par ailleurs, plus d'un million d'euros de produits ont été pillés samedi en marge de la manifestation dans la boutique Dior des Champs-Elysées.

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