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Pas-de-Calais: leurs grenouilles coassent trop fort, le voisin prévient la police

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Photo d'illustration - Damien Pobel - Flickr

Agacé par les coassements des grenouilles d'un couple d'Arras, leur voisin a déposé plusieurs mains courantes. Ce ne sont pas les premiers animaux bruyants à faire polémique.

Léon et Joséphine ont élu domicile de leur plein gré dans la mare du jardin d'un couple d'Arras, il y a quelques mois. L'installation des deux petites grenouilles, un mâle et une femelle, n'est pourtant pas du goût du voisin de Marc Derveaux et de son épouse, qui ne supporte pas leurs coassements.

En cause: la saison des amours, qui s'est déroulée en juin, au cours de laquelle Léon et Joséphine ont passé des nuits assez bruyantes. "Ça n'a pas plu à certaines personnes", déplore au micro de France 3 Hauts-de-France celui qui est désormais leur propriétaire.

"On ne va quand même pas les déloger"

Le mois dernier, le couple d'Arrageois a ainsi eu la mauvaise surprise de voir débarquer chez eux des policiers, leur voisin ayant déposé plusieurs mains courantes contre ce qu'il estime être une nuisance sonore.

"Ils nous ont dit qu’on devait se séparer des grenouilles comme elles engendraient des nuisances", explique Marc Derveaux à La Voix du Nord. Ce que le couple ne s'est pas résolu à faire, affirmant que la saison des amours est désormais finie. "Elles ne font quasiment plus de bruit", affirme-t-il.

Accompagnés d'employés du refuge communautaire et d'une adjointe au maire d'Arras, les policiers sont pourtant revenus chez le couple ce vendredi, leur demandant de rentrer leurs grenouilles dans le garage la nuit. "Ce sont des espèces protégées. On ne va quand même pas les déloger", riposte Marc Derveaux dans le quotidien régional.

Le coq Maurice

Les histoires similaires à celles de Léon et Joséphine ne manquent pas. Récemment, un habitant de l'Oise a été contraint de se séparer de son coq, Coco, que sa voisine trouvait trop bruyant. Une pétition a depuis été lancée pour lui permettre de le récupérer.

Très médiatisée également, l'affaire du coq Maurice, sur l'Ile d'Oléron, qui a résonné jusqu'aux États-Unis. Les voisins de sa propriétaire - qui occupent une résidence secondaire - estimant que le gallinacé chantait trop fort et trop tôt, Maurice a dû comparaître devant le tribunal de Rochefort début juillet. Il sera fixé sur son sort le 4 septembre prochain. Léon et Joséphine devront-ils eux aussi faire face à la justice ?

Les bruits de la nature bientôt protégés?

Énervé que certains vacanciers se plaignent des bruits de la nature lorsqu'ils passent un séjour à la campagne, le député de la Lozère Pierre Morel-à-L’Huissier a récemment rédigé une proposition de loi visant à protéger le patrimoine sensoriel de la nature, qu'il soit auditif ou encore olfactif. 

"Si vous ouvrez la voie à des plaintes parce qu'on accepte plus la réalité d'un territoire, on va abîmer toutes les campagnes françaises. Donc au même titre que ce qui existe pour l'UNESCO, avec une protection du patrimoine bâti, les croix, les églises, les châteaux, là on protégerait les odeurs et les bruits intrinsèques à la vie rurale", explique le député à France 3 Occitanie.

Cette proposition de loi pourrait être débattue dès octobre à l'Assemblée nationale.

Juliette Mitoyen