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Pas-de-Calais: les agriculteurs demandent des dérogations pour la chasse de 14 espèces

Un homme marche avec son chien lors d'une partie de chasse à Itxassou, en France, le 11 septembre 2016. (photo d'illustration)

Un homme marche avec son chien lors d'une partie de chasse à Itxassou, en France, le 11 septembre 2016. (photo d'illustration) - Gaizka Iroz / AFP

Selon les agriculteurs, cela doit permettre la "régulation du grand gibier" mais aussi d'autres espèces susceptibles de provoquer des dégâts.

La FDSEA du Pas-de-Calais a demandé mercredi que les chasseurs du département soient autorisés malgré le confinement à chasser quatorze espèces, du sanglier à l'étourneau sansonnet, alors que l'exécutif a fait part de sa volonté de limiter les dérogations accordées.

Ces dérogations doivent permettre, selon la FDSEA 62 "la "régulation du grand gibier" ainsi que celle des autres espèces chassables, susceptibles, si non régulées, de provoquer "des dégâts agricoles".

"Protéger l'activité agricole"

La Fédération précise solliciter la "régulation" du "sanglier, chevreuil, daim, cerf Sika, lapin de garenne, lièvre, faisan, pigeon ramier, renard, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde, rat musqué et étourneau sansonnet".

Elle juge "primordial qu'un arrêté soit pris en ce sens pour protéger l'activité agricole" du grand gibier mais aussi des "petits gibiers" dont "des centaines d'attestations" lui ayant été transmises au printemps "permettent largement de prouver les dégâts" sur les semis.

"Des chasses de régulation doivent impérativement être menées sur ces espèces, tout en respectant les gestes barrières, il en va directement de la santé de nos exploitations", insiste la Fédération dans un communiqué.

Les dérogations limitées "au strict minimum"

La secrétaire d'Etat à la Biodiversité, Bérangère Abba, avait assuré lundi que les dérogations au confinement accordées par les préfectures aux chasseurs pour permettre la régulation de certaines espèces seraient limitées "au strict minimum", citant les sangliers et les cervidés.

Elu en 2010 à la tête de la Fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais, le patron des chasseurs français, Willy Schraen avait auparavant indiqué à l'AFP que ces dérogations pourraient concerner "six ou sept espèces", incluant notamment lapins, lièvres, faisans et pigeons, mais Bérangère Abba avait exclu cette hypothèse.

La LPO prête à attaquer en justice

Dans un post sur sa page personnelle Facebook, un administrateur de la Fédération des chasseurs 62, Thierry Forestier, s'en est pris mardi au "dogmatisme enverdeur" du ministère de la Transition écologique, accusé d'être intervenu au niveau du département pour limiter les dérogations envisagées.

"Notre Président Willy Schraen s'est battu bec et ongles pour défendre nos intérêts, dans le respect du droit et conformément à la circulaire ministérielle, ne vous trompez pas d'ennemis dans cette affaire", ajoute-t-il, dénonçant une "dictature verte en place au plus haut des ministères".

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s'est inquiétée pour sa part des décisions préfectorales à venir, annonçant qu'elle attaquerait celles qui lui paraitraient "disproportionnées".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions