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La LPO invite les "confinés" à compter les oiseaux dans leur jardin

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- - Des oiseaux en Inde, le 07 décembre 2018. - Dibyangshu SARKAR / AFP

L'association de défense des oiseaux lance l'opération "Confinés mais aux aguets" afin de compter les oiseaux de jardins pendant le confinement. Déjà 13.322 personnes ont participé.

Des millions de Français bloqués chez eux, dont près de sept sur dix en maison individuelle: la LPO profite de l'occasion pour lancer "Confinés mais aux aguets", une vaste opération de comptage des oiseaux de jardins.

Plus de 13.000 contributeurs 

Plus important dispositif de science participative instauré en 2012, ce décompte s’effectue habituellement deux fois l’an, en janvier et mai, mobilisant jusqu’à 10.000 observateurs bénévoles.

Mais depuis le lancement de l'opération au début du confinement par la Ligue pour la protection des oiseaux, 13.322 nouveaux contributeurs se sont inscrits sur www.oiseauxdesjardins.com et plus d’un demi-million d’oiseaux ont été observés. 

Depuis janvier, plus de 528.000 actes d’observation ont été enregistrés contre 669.931 sur l’ensemble de l’année 2019.

"Compter les oiseaux de jardins sert à observer comment se porte notre environnement grâce à un groupe facile d’accès", explique Laurent Couzi, ornithologue, responsable de la cellule connaissances de la LPO, dont le siège est à Rochefort (Charente-Maritime). 

Il souligne "l’avantage" de ce dispositif de science participative, comme l’observation des insectes pollinisateurs ou de la flore, "qui s’adresse à un très large public".

Les données recueillies sont ensuite traitées par le Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Cesco) du muséum d’histoire naturelle de Paris.

Plus de pinsons dans les mangeoires

Et en 2018, le million d’observations recueillies a permis la rédaction d'une thèse universitaire qui a par exemple confirmé que "l’augmentation depuis 2012 du nombre de pinsons dans les mangeoires était la conséquence d’un problème de ressource alimentaire dans la matrice agricole en hiver", indique Laurent Couzi et "cela nous a interpellés pour comprendre pourquoi".

Selon le bilan 2019, les espèces les plus observées sont le moineau domestique, loin devant la mésange charbonnière, le pinson des arbres ou la mésange bleue. 

Mais moins de merles noirs

Le nombre de merles noirs diminue lui d’année en année, victime probable du virus Usutu, transmis par les moustiques. "Simple phénomène passager causé par des conditions climatiques particulières ou lien avec ce virus, la question reste entière", avancent prudemment les auteurs du bilan.

En plus de sensibiliser à la biodiversité, l'opération "Confinés mais aux aguets" a "aussi vocation à inviter à l’évasion depuis sa fenêtre ou son balcon", souligne-t-il, avant de poursuivre:
"Un tiers des oiseaux ont disparu dans les zones d’agriculture intensive" qui efface haies et bosquets, et use de "produits chimiques (faisant) disparaitre les insectes", principale nourriture des oiseaux.

Le chant des oiseaux plus prégnant en confinement

En cette période de confinement, le chant des oiseaux semble lui prégnant. "C’est simplement qu’il y a moins d’agitation humaine et donc moins de bruit", observe Laurent Couzi. "Il n’y a pas plus d’oiseaux dans les villes aujourd’hui qu’en février, en un mois il n’y a pas eu de génération spontanée", assure-t-il.

Les opérations de comptage l’an prochain pourront déterminer "si cette baisse d’activité humaine a entraîné une augmentation des reproductions". Mais "ce ne sont pas quelques semaines de confinement qui vont tout changer" pour les oiseaux et la biodiversité, tempère-t-il.

E.P avec AFP