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Paris interpelle l’Etat et réclame un plan d’urgence sur la situation des migrants et des mineurs isolés

Près d'un millier de migrants vivent à proximité de la porte de la Chapelle.

Près d'un millier de migrants vivent à proximité de la porte de la Chapelle. - Christophe Archambault - AFP

Alors que Paris fait face à une arrivée constante de migrants depuis plusieurs mois, le Conseil de Paris a décidé ce mardi d’interpeller l’Etat pour réclamer un plan d’urgence. La ville souhaite également que l'Etat prenne en charge les mineurs isolés étrangers.

Porte de la Chapelle, la situation des migrants s'enlise depuis plusieurs semaines. Près d'un millier d'entre eux vivent dehors, à proximité du centre humanitaire mis en place en novembre dernier. Son ouverture a permis de prendre en charge 12.400 ménages, mais cette structure ne suffit pas.

"L'échelon municipal aussi efficace soit-il ne peut relever seul ce défi. L'Etat doit prendre ses responsabilités", a souligné Anne Hidalgo à l'occasion du Conseil de Paris ce mardi.

"La dégradation de la situation est préoccupante"

La capitale fait aussi face à la question de l'accueil des mineurs isolés étrangers. D'après Dominique Versini, adjointe à la solidarité, il y en aurait 1.400 à Paris mis à l'abri par la ville.

"Ce qui représente un budget quand même de 80 millions d'euros. Mais arrivent chaque jour de nouveaux jeunes qui se présentent comme mineurs pour lesquels il nous faut mettre en place une évaluation assez fine. Nous avons multiplié par quatre le dispositif de mise à l'abri dans l'attente de l'évaluation. Mais maintenant on est dans un tel stade de flux d'arrivées qu'il faut que l'Etat prenne cette mission", explique l'élue. 

La ville de Paris estime avoir contribué et réalisé des efforts pour accueillir les migrants mais réclame un appui supplémentaire. "La dégradation de la situation est préoccupante tant pour les personnes installées sur l'espace public elles-mêmes que pour les riverains qui interpellent régulièrement les pouvoirs publics", note l'exécutif parisien.

D'autres centres humanitaires réclamés

Face à ce constat, le Conseil de Paris a voté à l'unanimité un voeu réclamant plusieurs mesures de la part de l'Etat. La municipalité souhaite en premier lieu qu'une opération de mise à l'abri soit réalisée aux abords du centre humanitaire.

Sur le modèle de ce centre qui permet de réorienter les demandeurs d'asile vers des solutions d'hébergement plus pérennes, la ville souhaite que d'autres sites comme celui-ci soient créés ailleurs en France, "en particulier dans les métropoles situées le long des routes migratoires". Ces centres, répartis sur le territoire permettraient d'éviter de centraliser en un seul lieu les migrants car cette structure de premier accueil apparaît comme la porte d'entrée vers la demande d'asile. 

C. B