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Porte de la Chapelle, la situation des migrants s’enlise

Depuis plusieurs semaines et malgré des démantèlements successifs, un campement sauvage s'est reformé Porte de la Chapelle à Paris. Près d'un millier de migrants campent à proximité du centre humanitaire, porte d'entrée pour les demandes d'asile. Une situation qui perdure et que déplorent les associations humanitaires.

Porte de la Chapelle, la précarité s'installe. A même le sol, des matelas sont posés au milieu des détritus. Près d'un millier de migrants vivent ainsi à cet endroit, à quelques pas du centre humanitaire. Cette installation destinée à réorienter les demandeurs d'asile vers des solutions d'hébergement plus pérennes dispose de 400 places. Mais la cinquantaine de places qui se libèrent chaque jour ne suffisent pas à absorber le flux quotidien d'arrivants. Jawed, pakistanais d'une vingtaine d'années tente sa chance depuis deux mois déjà. 

"Parfois les voitures d'associations viennent ici et prennent certains d'entre nous pour leur trouver une place, mais cette semaine on nous a dit qu'il n'y avait pas de place. Peut-être la semaine prochaine, voilà comment ça se passe", explique-t-il. 

Tous vivent dans des conditions d'hygiène déplorables, une épidémie de gale sévit d'ailleurs en ce moment au sein du campement. Malgré tout, les nouveaux arrivants continuent de venir s'installer Porte de la Chapelle. 

"Ce centre est le seul centre humanitaire de France pour primo-arrivants. Donc si on veut accéder à une démarche de demande d'asile avec hébergement, c'est la porte d'entrée. C'est des gens qui sont obligés de camper aux abords de ces adresses pour espérer être pris en charge", souligne Ivan Leray, coordinateur de l'association Utopia 56 Paris, qui vient en aide aux réfugiés. 

D'autres centres d'accueil réclamés en région

Plusieurs démantèlement de campements ont eu lieu ces derniers mois dans le quartier, mais le problème perdure. Pour les associations, ce seul centre humanitaire ne peut apporter la solution. 

"Il faut ouvrir d'autres centres de premier accueil dans les grandes capitales régionales, c'est la seule manière de faire face à cette situation d'entonnoir qui prévaut sur la capitale", estime Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile. 

Depuis 2015, la police a procédé à une trentaine d'évacuations dans le nord de la capitale. Le ministre de l'Intérieur promet de présenter rapidement un nouveau plan "pour traiter le problème de l'asile de manière plus facile".

C. B avec Claire Dibout, Régis Desconclois