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Paris: interdiction de manifester suspendue pour 9 militants sur 10

Henri Leclaire.

Henri Leclaire. - AFP

La justice administrative a suspendu mardi neuf arrêtés sur dix émis par le préfet de police, qui empêchaient des militants antifascistes de se joindre à la manifestation contre la loi travail, a-t-on appris auprès d'un des avocats de la défense.

Parmi les dix militants interdits de manifestation, neuf pourront finalement rejoindre les cortèges. C'est la décision prise par la préfecture de police mardi.

Dans les ordonnances de rejet qui ont motivé le juge administratif à suspendre l'interdiction, celui-ci relève que les interdictions constituent une "atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et à celle de manifester". Pour le 10ème cas, dont le recours a été rejeté, le tribunal administratif a estimé que la personne concernée "ne conteste pas sérieusement les agissements graves et précis qui lui sont reprochés", en l'occurrence des violences contre deux militaires. Au cours du week-end, plusieurs militants d'extrême gauche se sont vu délivrer des interdictions de manifester, alors que deux nouvelles journées de mobilisation contre la loi travail sont prévues ce mardi et jeudi.

Aucune preuve produite par la préfecture

Par un arrêté en date du 14 mai signé par le préfet de police et publié par le site paris-luttes.info, un militant concerné se voyait "interdit de séjour" mardi entre 11h et 20h dans plusieurs arrondissements parisiens et "de 18h et jusqu'à 7h le lendemain dans le périmètre autour de la place de la République", sur la base notamment de l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence. Celui-ci permet d'"interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics".

"La justice a reconnu que la quasi-totalité des arrêtés émis n'étaient pas solides", a déclaré l'un des avocats des militants mis en cause, Me Raphaël Kempf. "Certains dossiers faisaient état d'interpellation à l'issue des manifestations, ce que contestaient les clients", a-t-il ajouté, relevant que "la préfecture de police n'a pas été capable de produire" de preuves. De plus, les militants ne nient pas "avoir participé à des manifestations", mais contestent "toute violence", a-t-il ajouté.

A.M avec AFP