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Loi Travail: des opposants interdits de manifester le 17 mai... par courrier

Plusieurs opposants à la Loi Travail ont reçu interdiction de manifester le 17 mai.

Plusieurs opposants à la Loi Travail ont reçu interdiction de manifester le 17 mai. - Pascal Pavani - AFP

Alors que les opposants à la Loi Travail se préparent à une nouvelle journée de mobilisation, nombre d'entre eux ont reçu un courrier surprenant par lequel la préfecture leur interdit purement et simplement de manifester.

La manifestation parisienne du 17 mai sera pas ouverte à tout le monde. Plusieurs opposants à la loi travail ont en effet reçu des interdictions individuelles de manifester mardi à Paris, notifiées par la préfecture de police, qui espère ainsi éviter de nouvelles violences.

Plusieurs militants antifascistes concernés

Depuis samedi soir, "plusieurs de nos militants ont reçu des visites à domicile de policiers, venus délivrer des interdictions de manifester..", a indiqué dimanche sur son compte Twitter l'AFA Paris/Banlieue, organisation antifasciste.

Sur un arrêté signé le 14 mai par le préfet de police et publié par le site paris-luttes.info, un militant se voit "interdit de séjour" mardi entre 11h et 20h dans plusieurs arrondissements parisiens et "de 18h et jusqu'à 7h le lendemain dans le périmètre autour de la place de la République", sur la base notamment de l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence. 

Un photographe interdit de manifestation

Selon BuzzFeed, un journaliste aurait lui aussi reçu un arrêté préfectoral lui interdisant de participer à la manifestation de mardi, sous forme d'interdiction de séjour entre 11 heures et 20 heures dans les 6ème, 7ème, 14ème et 15ème arrondissements de Paris et dans un périmètre autour de la place de la République.

Ce photographe du collectif OEIL (Our Eye is Life), travaillant sous le pseudo "NnoMan", collabore notamment pour le magazine Fumigène. L’arrêté, consulté par le site d'information, explique qu'il a "été remarqué à de nombreuses reprises, lors de manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail", qui ont dégénéré "en troubles graves à l’ordre public" et qu'il "y a tout lieu de penser" que la présence de "Nnoman" à ces rassemblements "vise à participer à des actions violentes".

Contacté par BuzzFeed, le service de presse de la préfecture de police de Paris a répondu: "Des vérifications vont être réalisées et s’il (NnoMan) n’est pas concerné par les faits que l’arrêté lui reproche, il pourra participer à cette manifestation."

Soupçonnés de commettre des violences

Cet article cinq permet d'"interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics". Il y a "tout lieu de penser que la présence" de cette personne aux rassemblements "vise à participer à des actions violentes", selon cet arrêté.

La préfecture de police a confirmé à l'AFP, sans en préciser le nombre, que des arrêtés ont été notifiés à "des personnes à l'origine ou associées à des faits de violence, pour ne pas que des actes de violences se produisent de nouveau". Sept syndicats ont appelé à deux nouvelles journées de grèves et manifestations mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois

P.A. et V.R. avec AFP