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Mort de Rémi: une manifestation dégénère à Rennes

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Des incidents ont éclaté à Rennes, ce jeudi soir, lors d'une manifestation contre la violence policière, cinq jours après la mort du jeune militant Rémi Fraisse, lors d'affrontements avec la police sur le site du barrage de Sivens, dans le Tarn.

Près de 200 personnes ont défilé dans une ambiance tendue jeudi soir à Rennes, à l'appel de mouvances radicales anti-capitalistes pour protester contre la mort de Rémi Fraisse mort samedi dernier, lors d'affrontements sur le site du barrage controversé dans le Tarn. Trois personnes ont été interpellées.

Manifestants cagoulés

Partis du quartier de Villejean, près des universités de l'ouest de Rennes, les manifestants, dont de nombreux cagoulés, se sont dirigés vers le centre ville en scandant "vengeance pour Rémi" ou "flics, porcs, assassins!" derrière une banderole "Vengeance pour tous". Ils ont également tagué de nombreux bâtiments sur leur passage.

Arrivés aux abords du centre-ville, vers 20h, les manifestants ont été bloqués par un important dispositif des forces de l'ordre qui les a empêchés d'y accéder. Ils ont essayé à plusieurs reprises de contourner les CRS et gendarmes, sans aller à l'affrontement. Une voiture a été retournée, et des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Tract contre la "terreur policière"

A Villejean, avant le départ du cortège, les manifestants avaient commencé à distribuer un tract dénonçant la "terreur policière" qui ne "saurait survivre à la mort d'un camarade". Le tract lance aussi l'appel suivant: "bloquez vos lycées et universités! Bloquons les villes, les gares, occupons la rue".

Peu après 21h, les manifestants, qui s'étaient rassemblés à proximité des barrages des forces de l'ordre, ont reflué vers les quartiers ouest, brisant une dizaine de vitrines et plusieurs abribus. Ils ont également mis le feu à plusieurs poubelles ainsi qu'à des conteneurs de bouteilles, poursuivis par les policiers de la BAC équipés de flashball. Vers 21h30, plusieurs feux étaient en cours dans l'artère, enfumée par les grenades lacrymogènes, dans laquelle avaient reflué les manifestants.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda présent au coeur du dispositif peu après 22h a dénoncé la présence de "militants d'extrême gauche violents" avec des méthodes de "Blacks Bloc" (militants anti-capitalistes radicaux). "Leur intention était de se diriger vers le centre ville" mais le dispositif de forces de l'ordre mis en place les en a empêchés. "Les forces de l'ordre ont été agressées plusieurs fois avec des objets incendiaires", a-t-il ajouté. Trois personnes ont été interpellées au cours des heurts, a-t-il précisé.

A.S. avec AFP