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Mort de Rémi Fraisse: le tireur de la grenade ne sera pas suspendu

Le directeur général de la gendarmerie était l'invité de BFMTV, le 29 octobre.

Le directeur général de la gendarmerie était l'invité de BFMTV, le 29 octobre. - BFMTV

Le directeur général de la gendarmerie, Denis Favier, était l'invité exceptionnel de BFMTV ce mercredi soir, quatre jours après la mort de Rémi Fraisse sur le chantier du barrage de Sivens, lors d'affrontements avec des gendarmes.

Invité exceptionnel de BFMTV ce mercredi soir, le directeur général de la gendarmerie, Denis Favier, a réagi pour la première fois à la mort de Rémi Fraisse sur le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn, dimanche. 

"J'ai trouvé un escadron meurtri"

"L'ensemble de la gendarmerie exprime sa compassion", a déclaré Denis Favier, interrogé par Ruth Elkrief. "Je rentre du Sud-Ouest, où j'ai rencontré l'escadron qui a été engagé sur l'opération en question dans la nuit de samedi à dimanche dernier. J'ai trouvé un escadron meurtri, profondément touché par cette opération de maintien de l'ordre et le drame qui s'est produit à cette occasion", a-t-il poursuivi.

"Cette opération est avant tout un drame. Ma première pensée est une pensée de compassion à l'endroit de la victime et de sa famille. A travers ma personne, c'est l'ensemble de la gendarmerie qui exprime sa compassion", a assuré Denis Favier. 

"Les militaires ont été malmenés par des gens qui avaient la volonté d'en découdre"

Et Denis Favier de souligner que les gendarmes "ont vécu des conditions de maintien de l'ordre particulièrement délicates" cette nuit-là et "ont souffert dans cette opération". "J'ai trouvé des hommes qui pendant des heures ont été harcelés, ont fait l'objet de tirs de pierres, de tirs de boulons, de cocktails molotov, et ont été malmenés par des gens qui avaient très clairement la volonté d'en découdre", a détaillé Denis Favier.

"Pas envisageable" de suspendre le tireur de la grenade

"Je soutiens mes hommes, j'assume ma part de responsabilité", a ajouté le directeur général de la gendarmerie. "J'accorde, après avoir vu cet escadron, mon soutien total aux militaires de cette unité, j'estime qu'il n'y a pas de faute intentionnelle, volontaire et il n'est donc pas envisageable de suspendre quelqu'un à présent. Mon rôle est de soutenir mes hommes et je les soutiendrai". "Je suis pour une démarche de transparence mais je veux qu'on nous juge à la fin de l'enquête, quand on aura tout examiné", a précisé Denis Favier.

"Un concours de circonstances défavorable"

"Nous sommes sur une munition qui, de manière accidentelle, rentre en contact avec le corps de Rémi Fraisse", a souligné le directeur général de la gendarmerie. "Au niveau où j'en suis de la connaissance de ce dossier, j'estime que nous sommes sur un concours de circonstances tout à fait défavorable. Cette grenade n'a jamais occasionné de dégât mortel".

L'enquête privilégie désormais la thèse d'un décès dû à une grenade offensive lancée par les gendarmes après la découverte de traces de TNT sur les vêtements de la victime. Le parquet de Toulouse, qui a hérité mardi du dossier sur la mort du jeune opposant Rémi Fraisse sur le site du projet du barrage de Sivens, a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une information judiciaire. L'emploi des grenades offensives utilisées par les forces de l'ordre a été suspendu mardi par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 

A.S.