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Moisissures, rats... Déjà 150 photos de policiers pour dénoncer leurs conditions de travail

Pour alerter sur leurs conditions de travail qui se dégradent, une association de policiers vient de lancer un concours photo. Un moyen peu ordinaire qui témoigne d'une colère profonde.

Rats et cafards retrouvés dans les locaux, moisissures et fuites de canalisations, gilets pare-balles déchirés, véhicules dégradés… Les policiers sont en colère et tiennent à le montrer. Pour dénoncer le manque de moyens auxquels ils font face, une association de policiers a décidé de lancer un concours de photographies dans les commissariats. Déjà plus de 150 clichés ont été envoyés depuis le début du mois d'août. 

"Le dernier exemple en date, c'est la portière latérale d'un véhicule qui est tombée. Il faisait chaud, au moins les collègues avaient de l'air", raconte une policière, membre d'un collectif de policiers d'Ile-de-France. A travers cet appel à témoins peu ordinaire et derrière l'humour, l'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI) veut montrer que le malaise chez ces fonctionnaires est profond.

"Notre image en prend un coup"

Les photos, provenant principalement de commissariats franciliens, témoignent de l'insalubrité des locaux et de la vétusté de leurs équipements. Et le ras-le-bol est général. "Il y a le matériel pour nos interventions, le parc automobile qui n'est pas non plus du plus jeune âge, il y aussi le parc immobilier, des déficiences au niveau électrique, au niveau plomberie… Il y a des odeurs, les cellules de garde à vue ne sont pas adaptées… Ce n'est pas digne de la police nationale et notre image en prend un coup", explique Stéphane Lantz, de l'association "Mobilisation des policiers en colère".

Viry-Châtillon, élément déclencheur

En octobre 2016, quatre policiers avaient été la cible d'une attaque, à coups de cocktails Molotov, à Viry-Châtillon en Essonne. Cette agression a été l'élément déclencheur de cette colère et après les manifestations, des collectifs de policiers ont vu le jour. Ces derniers souhaitent aujourd'hui être reçu par le ministère de l'Intérieur afin de faire part de leur mal-être et de leurs propositions pour améliorer leur quotidien.

En attendant, le concours se poursuit et les forces de l'ordre ont jusqu'au 10 septembre prochain pour envoyer leurs photos à l'UPNI.

M. Loisel