BFMTV

Migrants: 300 familles dorment dans la rue à Paris faute de places dans les centres d'hébergement d'urgence

Les associations sont dépassées et le système d’hébergement d’urgence saturé. A Paris, quelque 300 familles migrantes dorment chaque soir dans la rue.

"Nous ne sommes ni humains ni efficaces" en matière d’immigration, a reconnu mercredi Emmanuel Macron. Un constat qui se vérifie à Paris où chaque soir, quelque 300 familles dorment dehors. C’est le cas de Bacho Bobokhadze, un Géorgien de 15 ans arrivé dans la capitale il y a dix jours avec ses parents et sa sœur de 6 ans.

"On a appelé le 115 et on a obtenu une chambre pour une nuit. Ensuite, on a dû la quitter et depuis on dort soit à l’aéroport soit à l’hôpital", explique au micro de BFMTV le jeune homme malade. Il perd la vision de son œil droit et espère pouvoir être soigné ici en France.

Pas de réponse à la hauteur des besoins

Comme cette famille, beaucoup d’autres vivent dans la rue, ne pouvant être prises en charge par les centres d’hébergement d’urgence saturés. Pourtant, en trois ans, le nombre de places qui leur est réservé dans ces centres a triplé, passant à 7000 sur les 23.000 places disponibles.

"Malgré l’effort de création de places, on ne répond toujours pas à la hauteur des besoins", déplore Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité. L’association dispose de 16 centres d’hébergement dans Paris mais est contrainte de refuser quotidiennement des dizaines de familles.

Alors, tous les jours au bord du périphérique, l’association Utopia 56 tente de trouver des citoyens volontaires pour héberger ces familles migrantes.

"On a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais"

"Quand j’ai commencé il y a quelques mois, il y avait une quinzaine de famille par soir. Aujourd’hui il y en a le double. On a l’impression que ça ne va jamais s’arrêter parce que même quand une famille arrive à avoir une situation d’hébergement plus ou moins pérenne, il y en a toujours d’autres en difficultés qui viennent grossir les rangs", constate la responsable du pôle famille pour Utopia 56, Alice Audras.

Les associations observent un système à bout de souffle. A Paris, où une centaine de migrants arrivent quotidiennement, les 23.000 places en centre d'hébergement sont occupées, parfois pendant plusieurs mois. Prochainement, la mairie de Paris devrait mettre à disposition trois bâtiments, ce qui permettra d’accueillir 200 personnes en famille supplémentaires.

Justine Fontaine avec Ambre Lepoivre