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Michel Onfray: "Je vais arrêter de voter"

Le philosophe Michel Onfray, qui vient de publier Penser l'islam, chez Grasset, et Le miroir aux alouettes, chez Plon, est ce lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité lundi matin sur BFMTV et RMC, Michel Onfray juge François Hollande "complètement démuni" dans la lutte contre le terrorisme, quelques jours après l'interpellation en Belgique de Salah Abdeslam. Doit-il être déchu de la nationalité française? "Ca c'est ce qu'on fait quand on n'a rien à faire et qu'on ne sait pas quoi faire", juge le philosophe. "Vous pensez bien que ces gens n'ont rien à faire du fait de ne plus être français et de devenir apatride".

Publiant simultanément deux livres, le philosophe explique toutefois limiter sa tournée de promotion, et éviter "un certain nombre d'émissions où on perd son âme: Ruquier, Ardisson, et d'autres endroits où on est coincé entre un chauffeur routier transsexuel et un gardien de but qui n'a pas écrit ses livres".

"Un musulman est dans une logique de communauté"

Le philosophe, qui établit dans son livre un lien entre le terrorisme et la politique étrangère de la France, tente une explication au terrorisme islamiste: "D'où vient un terroriste? Il faut se demander pourquoi il y a des gens qui sont en rupture de la République. La République elle ne s'est pas rendue désirable. (...) Depuis 1991, la politique étrangère de George Bush a occasionné la mort de quatre millions de musulmans sur la planète. Un musulman c'est quelqu'un qui est dans une logique de communauté. Dans cette logique, c'est quatre millions de frères qu'on a tués. 'On' c'est qui? C'est l'Occident. Ce qu'on fait avec l'islam depuis très longtemps n'est pas sans jouer un rôle dans le fait qu'on a monté une communauté contre les autres".

Sur la question des musulmans de France, "il n'est pas question de renvoyer des musulmans chez eux", ajoute Michel Onfray, "chez eux c'est ici. Donc ça n'a aucun sens, donc il faut composer avec des gens dont la religion est l'islam. Il faut les aider, les aimer, c'est-à-dire leur montrer que la République est désirable. (...) Un certain nombre de sourates sont condamnables dans le Coran, condamnez-les avec nous, et un certain nombre d'autres sourates sont susceptibles de permettre la construction d'un islam compatible avec la République, alors dites-le, faites-le savoir".

"Je vais arrêter de voter"

"Je vais arrêter de voter, c'est fini", prévient Michel Onfray. "On a le droit aujourd'hui de changer de président de la République, mais pas de changer de politique. Je prends le pari que le prochain président fera exactement la même politique que celui que nous avons actuellement, quel que soit son nom".

Michel Onfray réagit aux scandales de pédophilie au sein de l'Eglise à Lyon et sur les accusations contre le cardinal Barbarin: "Je n'aime pas les chasses à l'homme. Je défendrai Barbarin s'il le faut. Il y a aujourd'hui une législation: la non dénonciation d'un crime, ça relève de la justice. Cardinal ou pas cardinal, il est tenu de faire savoir qu'un de ses prêtres se comporte comme il se comporte".