BFMTV

Messe sans gestes barrières à Paris: un fidèle se dit "navré" mais "ne regrette pas" d'y avoir assisté

Alexandre Mouci, chantre de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile, affirme que la messe qui s'est tenue samedi sans le respect du port du masque et des autres gestes barrières "n'était pas une provocation".

Il confesse à demi-mot une erreur. Trois jours après la tenue d'une messe dans une église parisienne lors de la vigie pascale, l'un des chantres et fidèles de l'église pointée du doigt revient sur la polémique alors que le curé et ses hommes d'Église sont accusés de ne pas avoir respecté et fait respecter les gestes barrières, en pleine troisième vague de Covid-19.

"Je suis navré que cela ait pu choquer autant de gens. J'ai moi-même des proches qui sont décédés de la Covid donc ce n'est pas pour minimiser la situation et les risques", a déclaré sur notre antenne ce mardi Alexandre Mouci, chantre de la paroisse Saint-Eugène Sainte-Cécile.

"Nous ne nous attendions pas à avoir autant de personnes"

S'il se dit "désolé" de ces images, il affirme qu'il "ne regrette pas" d'avoir assisté à cet office dans cette église dite traditionaliste.

"Nous ne nous attendions pas à avoir autant de personnes, entre 250 et 300, sachant que par rapport aux années précédentes, avant confinement, on n'est même pas à 20% des effectifs", témoigne Alexandre Mouci.

Le curé de la paroisse, interrogé plus tôt dans la journée par BFMTV, s'est défendu en déclarant que les images diffusées sur YouTube ne reflétaient pas la réalité sur place.

"Les angles sont trompeurs d'une part, mais on était loin d'être pleins parce que les gens se sont bien répartis dans les paroisses", a assuré l'abbé Marc Guelfuccin, affirmant avoir respecté les règles sanitaires "dans la mesure du possible".

"Ce n'était pas une provocation"

L'absence du port du masque est toutefois facilement constatable sur les images diffusées, tant chez les fidèles que les hommes d'Église. Alexandre Mouci, qui ne portait lui-même pas de masque, car selon ses mots, "pour chanter, c'est difficile", estime que la hauteur du plafond de l'église, "situé à une dizaine-quinzaine de mètres des participants", limitait les risques de transmission.

"Tout le monde ne portait pas de masque, c'est vrai, mais des personnes en portaient", précise Alexandre Mouci, ajoutant qu'un panneau rappelant l'obligation de port du masque se trouvait à l'entrée de l'église. "Après, c'est vrai, c'est la liberté de chacun de porter ou non le masque, c'est difficile pour nous de 'fliquer' chacun", a-t-il ajouté.

Le chantre de la paroisse affirme toutefois qu'il ne s'agit pas là d'une action politique: "ce n'était pas une provocation, ce n'est pas du militantisme forcené aveugle".

Une enquête a été ouverte ce mardi par le parquet de Paris pour "mise en danger de la vie d'autrui". De son côté, le diocèse de Paris a indiqué se désolidariser de cette messe de Pâques.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV